La prochaine fois, je commanderai Domino’s…

... ou pourquoi cet article n’est PAS le compte-rendu de mon cross à Arnay-le-Duc de ce week-end



Il était une fois une débilos qui avait prévu de préparer une bonne soupe maison (Carottes, curry, coco et coriandre) pour le dîner.

Une fois les légumes cuits, je ne vais pas vous apprendre à faire une soupe, direction le bon vieux mixer à main ou pied à soupe, appelez-le comme bon vous semble, et vrrrrttt, vrrrrtttt, c’est bon, c’est velouté.

 

Je pose le mixer en équilibre (visiblement instable, mais je ne veux pas spoiler la surprise) le temps d’ouvrir la brique de lait de coco et là, Ô qui vois-je se faire la malle de la casserole ? Ce vilain mixer bien recouvert de soupe encore bouillante. Quel reflexe stupide avoir face à cette situation ? Tenter de le rattraper en vol, évidemment. Ni une, ni deux, je me jette à sa rencontre et en plus de le manquer (et d’avoir donc une véritable scène de crime dans la cuisine), j’ai le grand honneur de me retrouver recouverte de soupe bouillante sur le bras, la main, le T-shirt (tout neuf et blanc cassé, évidemment), les jambes. Aïe, la conne. Aïe, ça brûle. Aïe, je fais quoi, là ? Et si j’arrêtais de regarder mon bras comme un merlan frit et je réagissais ? Alors on met le bras sous l’eau froide et on attend, on attend. Ça semble durer des heures mais si je suis tout à fait honnête j’ai du rester 4 minutes, peut-être 5 au plus. Ce qui est simplement insuffisant, sachez-le. Me voilà maintenant en phase 2, recouverte d’Urgo brûlures à douter intensément : j’ai super super mal, est-ce qu’il ne faudrait pas aller demander conseil à quelqu’un qui s’y connaisse un peu mieux que moi en brûlures ? 

La loi de l’emmerdement maximal fait que je suis seule ce soir (sans vouloir spoiler la suite, de nouveau, ça a son intérêt pour la suite). Alors pour demander conseil, il me reste à faire comme tout le monde : aller aux urgences.

« Vous avez besoin d’une radio ? » me demande-t-on à l’accueil.

« Euh non, je me suis juste brûlée », je réponds, penaude et presque désolée de n’avoir qu’une stupide brûlure à déclarer.

« Allez plutôt à la maison médicale, c’est un médecin traitant, ça vous évitera les 4 à 5 heures d’attente ici ».

 

Nickel, il n’y a qu’une personne à la maison médicale, on s’occupe de moi dans le quart d’heure. Le diagnostic est visiblement clair : il s’agit d’une brûlure (sans déc ?) au second degré superficiel et il semblerait que je vais souffrir violemment dans les jours qui viennent. On me prescrit donc de quoi atténuer la brûlure, de quoi protéger le bras, et de quoi calmer la douleur avec une option plus costaude pour les premiers jours « et pour cette nuit, car vous allez avoir très mal ». Un petit détour par la pharmacie de garde m’apprend que « pour la prochaine fois, il faudra penser à rester au moins 15 minutes sous l’eau froide ».

Adrinaline brulure pas de sport
On va boire un verre ce soir ? Nan désolée j'ai urgences... (c'est bien le bras gauche, merci Snapchat...)

Je suis maintenant couchée, j’ai vérifié sur le site internet de l’AFLD (Agence Française de Lutte contre le Dopage) que calmer la douleur au dafalgan codéiné ne me dopait pas, j’ai pris mes médicaments, et j’ai l’espoir assez naïf que demain, vendredi, le bras ne devrait pas me poser trop de problèmes pour mon cross.

23 heures, je m’endors rapidement, soulagée à l’idée de ne pas trop le sentir. Les heures passent et dans mes rêves, je trouve cela bizarre d’avoir mal partout sauf là. Je finis par me réveiller dans un état de panique avancée vers 3 heures : que m’arrive-t-il ? Je n’arrive pas à respirer, j’ai mal dans toute la cage thoracique, j’ai des fourmillements dans les jambes et les mains, j’ai très chaud. Je me contorsionne pour respirer. J’essaie de lire la notice et les effets secondaires du dafalgan codéiné mais impossible, mes yeux voient trouble. Ah, et je suis seule cette nuit, évidemment. Je fais quoi ? J’ai mal partout, je ne sais plus exactement où se trouve mon cœur dans tout ce foutoir mais c’est certain, c’est là que j’ai mal !

 

Adrinaline brûlure privée de sport
Tout ça pour une soupe dégueu

Je me vois mourir dans mon lit. J’imagine Stéphane arriver demain midi et retrouver mon cadavre, la notice à la main. Bon, alors avant cela, je vais peut-être appeler les urgences et leur demander quoi faire. On me répond assez vite et on m’explique qu’il s’agit sans doute d’un effet indésirable lié à la morphine et que dans la mesure où j’ai pris les cachets il y a 4 heures, cela ne devrait plus durer trop longtemps. La crise semble passer, je reprends mon calme, je raccroche, un peu rassurée.

N’empêche que plutôt que d’anticiper la constipation liée à la prise de codéine en me prescrivant des laxatifs (merci docteur), il aurait peut-être pu me demander mon poids et vérifier que j’avais déjà testé des médicaments forts comme celui-ci, le toubib… Un franc succès, ces urgences…

 

Dix minutes passent et là, tout recommence : les spasmes, la difficulté à respirer, les idées noires, tout est encore pire que la première fois. Si les épisodes vont crescendo, je ne suis pas très sereine pour la prochaine…


Je rappelle. On me demande combien de cachets j’ai pris. Ce qu’on m’avait prescrit, c'est-à-dire 2 cachets, soit 1 gramme. « Ah oui c’est beaucoup ». Oui, alors on fait quoi ? J’ai très mal, là ! On m’envoie donc un médecin SOS qui arrive quand le médicament semble avoir disparu de mon organisme. La consultation ne sert donc honnêtement à rien si ce n’est à (creuser le trou de la sécu) me détendre : « quand j’ai su que je venais m’occuper d’une Adrienne qui faisait une réaction à de la codéine dans les allées du parc, je dois vous avouer que je m’attendais à une vieille dame de 85 ans », me confesse le médecin…

Faudra que j’en touche un mot à mes parents, à ce propos…

 

Vendredi matin, au réveil, ce n’est pas la grande fraîcheur. Tout ce que j’entreprends me demande des lustres : me lever, me doucher, changer le bandage, m’apitoyer sur mon sort en voyant l’état de mon bras, prendre mon petit-déjeuner. L’idée d’aller courir dans le froid et éventuellement sous la pluie me fait subitement moins rêver qu’hier. Ma fatigue m’inquiète car on m’explique qu’elle est le signe d’un système immunitaire affaibli qui favorise les infections, ce dont les brûlures sont souvent à l’origine.

 

Humph… C’était important pour moi de participer au cross d’Arnay-le-Duc car le team Terre de Running en était partenaire, mais ce n’est pas l’objectif de ma saison non plus. Alors je fais une croix dessus en pensant, le cœur lourd, que j’ai bien d’autres échéances à plus long terme, à commencer par la remise en jeu de mon titre sur les foulées Beaunoises, samedi prochain.


Adrinaline brulure privée de sport
Steph aux petits soins

Dans la journée, j’explique à mes buddies de la course à pied ou à mes proches ce qu’il m’est arrivé.

« Ha ha, il faudrait penser aux petits pots », « Tu aurais mieux fait de les manger crues, tes carottes. Ah non, tu te serais coupée », « C’est dangereux, la soupe », « Ce ne serait pas arrivé avec un Thermomix », ou encore « Et au moins, elle était bonne, la soupe ? » ;

Non, la soupe n’était même pas bonne. Pour d’obscures raisons de stockage dans un récipient qui avait, il y a fort longtemps, contenu de la lessive (ne cherchez pas), elle avait un goût immonde de savon et a violemment terminé dans l’évier.

Côté illustration, la photo de mon bras ne les a pas beaucoup plus inspirés : « tu ne t’es pas ratée », « tu ne t’es pas loupée », « tu n’as pas fait semblant ».


 

Je vais donc faire preuve de bon sens dans les jours qui viennent : même si j’en meurs d’envie, non, je n’irai pas nager. Oui, je vais me reposer et me soigner.

Quand on dit que les accidents, c’est stupide, là j’en suis le top du top-modèle.

 

La prochaine fois, je commanderai Domino’s.

 

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Commentaires: 3
  • #1

    anne (lundi, 14 novembre 2016 18:23)

    "Adrienne", "Adrienne".... ? Il parait que 25% des parents regrettent le choix du prénom de leur enfant.. je peux affirmer que les parents de ladite Adrienne susmentionnée font partie des 75% et maybe que dans 65 ans ladite Adrienne le portera plus facilement :) ?

  • #2

    Caro (lundi, 14 novembre 2016 19:34)

    Dommage cette soupe est bonne d'habitude, j'en sais quelque chose...
    Et au sujet de ton prénom, je comprends, Loana, Cindy ou Kelly ça aurait plus passe-partout, et le médecin aurait eu moins de doute sur ton âge !

  • #3

    Tumebroutes (lundi, 14 novembre 2016 20:02)

    Adrie , j’apprécie chaque jour l’énergie que tu mets pour trouver de quoi alimenter ton blog. Franchement, là fallait y penser !!!
    Sur une tof c'est la main droite, puis l'autre... cette fois tu es levée !