Un coureur, ça pense énormément



Pour commencer, je tiens à remercier chacune et chacun d’entre vous d’avoir contribué à ce micro-trottoir !

Vous pouviez répondre via l’article posté il y a 10 jours ici-même, sur la page facebook Adrinaline, en commentant la photo sur Instagram sur le profil Adri.naline, ou encore en direct, à chaud, à votre arrivée sur la course de la vente des vins à Beaune samedi dernier (je remercie au passage Marion pour la prise de son et pour sa motivation !) : au total, ce sont plus de 150 réponses que j’ai obtenues !

 

Merci, Emilie, pour ta réponse (« Quand je quoi ? »), mais tu ne m’as été d’aucune aide (sauf que tu m’as fait rire). On appelle ça une donnée aberrante en statistiques, et je suis au regret de ne pas avoir pu exploiter cette réponse dans mon post. On en reparle à Noël, je te montrerai, tu vas comprendre ce que c’est.

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Flyer remis à tous les sondés à l'occasion de la course de la vente des vins à Beaune

Passons maintenant au dépouillement !

 

Au-delà de l’effort intense qu’il doit fournir pour se sortir du canapé (ou les doigts du c*l pour les moins poètes) et de la réflexion poussée dont il doit faire preuve pour choisir son itinéraire, le coureur (ou la coureuse) sait que son footing, son entraînement ou sa course va lui procurer un bien fou ; lorsqu’il court, il se dit qu’il est bien, là, en plein air, et qu’il prend tout bêtement du plaisir à gambader, qu’il a l’impression d’avoir 18 ans, non, même 12. Il est conscient de la chance qu’il a de pouvoir s’évader et a souvent une pensée pour ceux qui, eux, ne peuvent pas ou ne peuvent plus. Il compte sur le bien-être et l’apaisement que courir va lui apporter et sait que les idées négatives et le stress au moment d’enfiler les baskets vont progressivement s’effacer pour laisser place à du plus optimiste. Dans l’absolu, la course à pied éclaircit les idées et aide à prendre des décisions ou à avancer sur les problèmes du moment.


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On n'est pas bien, là ?

Il faut dire que quelque soit la saison, les paysages magnifiques qui l’entourent l’aident à apprécier l’instant et peuvent lui faire oublier la douleur ! A ceux qui courent dans des endroits moches : désolée, il ne vous reste plus qu’à apprécier la mode du fluo, ça vous divertira aussi.

 

Pragmatique malgré tout, le coureur va profiter de ce moment rien qu’à lui pour refaire son monde, organiser sa saison, penser à son passé, son présent, son futur (et son conditionnel : je ferais quoi si je gagnais au loto), son week-end. Manque de bol pour lui, le loto n’étant pas encore gagné, le travail reste un sujet de réflexion non négligeable lors de ses sorties !

 

Le coureur profite parfois également d’être enfin seul pour avoir le plaisir de ne penser à rien, absolument rien, si ce n’est à faire le vide, en silence ou en musique.


Occasionnellement (ou trop souvent), blessures et bobos peuvent prendre l’assaut et le coureur pense alors à ses tendons, ses mollets, ses genoux, ses chevilles et il lui arrive d’en conclure qu’il serait sans doute temps de remplacer ses baskets.

 

Par ailleurs, le coureur est un être humain capable de sentiments : il pense à sa famille, sa moitié, ses enfants, ses proches, à ceux qu’il a perdus, ce qui toutefois ne l’empêche pas de se laisser distraire par les gambettes fuselées ou les fessiers galbés qui trottinent devant lui. Oui oui, il (elle) est humain(e).

 

La bienveillance du coureur rivalise fortement avec sa gourmandise : je ne saurais vous dire combien la question « à quoi vous pensez quand vous courez ? » a reçu de réponses du type « à ma bière bien fraîche », « à mon chocolat chaud », « à mon verre de vin », « à ce que je vais me mettre ce soir », « à mon burger », « à ma gaufre », « au ravitaillement », « à la tarte aux noix », « à l’apéro », « au menu d’après séance », et j’en passe ! Gourmand, grosse poche, bon vivant, que le coureur se qualifie comme bon lui semble ! Quoiqu’il en soit, il assume et c’est parfait !

 

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Face à cet épicurisme se trouvent non pas les remords des calories liquides et solides, mais les regrets et les doutes : « Pourquoi je cours, déjà ? », « Je serais vachement mieux à faire du shopping », « Je n’aurais pas du me coucher à 5 heures avec 5 grammes », « Ai-je bien pensé à prendre un mouchoir, des fois que je doive m’arrêter derrière un buisson ? ».

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Foulées beaunoises 2016, crédit photo : Didier Grandperret

Les doutes prennent encore plus d’ampleur s’il s’agit d’une course : « j’aurais du plus m’entraîner », « ça se termine quand ? », « j’en ai marre », « qu'est-ce que je fous là ? ».

En situation de course, avant que les doutes ne s’installent, les idées fusent dans la tête du coureur : il doit réussir à gérer son allure et ses temps de passage pour finir le plus vite possible, que sa motivation soit cette fichue ligne d’arrivée, le désir d’être meilleur qu’hier, ou simplement de ne pas être l’objet des moqueries des copains.

 

Le coureur reste concentré sur sa course, à l’affût des bornes kilométriques et se répète qu’il doit se faire mal sans pour autant craquer trop tôt ni vomir. S’il n’arrive plus à rattraper les dossards devant lui et que ses jambes deviennent lourdes, il puise sa motivation dans les encouragements du public même s’ils ne lui sont pas adressés ainsi que dans de savants calculs : il se répète que s’il a déjà parcouru 8 km, alors il ne lui en reste plus que 2. Je suis navrée, marathoniens et circadiens, cet argument est évidemment à revoir dans votre cas : « Yes, plus que 34km ! » et « youpi, plus que 188 km ! », c’est d’un coup vachement moins motivant.


Pour citer ce cher Arnaud, un des gros dilemmes du coureur en compétition, c’est quand il doit tout donner pour sa course, mais en même temps ne rien lâcher : la course à pied est décidément une activité très complexe.

 

Alors, si à cette complexité, vous ajoutez les pensées qui défilent dans la tête d’une fille, vous allez rapidement comprendre pourquoi courir, c’est ultra fatiguant : en effet, en plus d’être concentrée sur sa respiration, son chrono, le paysage et le menu du soir, la coureuse doit penser à être légère, à vérifier que son mascara ne coule pas tout en cherchant nerveusement où se trouvent les photographes sur le bas-côté pour être souriante et jolie sur les photos !

 

Je crois qu’au fond, quelque soit le sujet qui vient nous occuper l’esprit, nous tous qui courons, qu’on s’habille en fluo ou non, on se le dit régulièrement : 

Vivement que j’y retourne !


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Commentaires: 1
  • #1

    anne (mercredi, 23 novembre 2016 18:17)

    Me voilà rassurée : je ne suis pas la seule à penser à ce que je vais manger après ......... :)