Un coureur (et le sportif !) est un être paradoxal



Admettons que vous soyez malade depuis déjà une semaine. Une crève, ça ne peut pas durer beaucoup plus, vous pensez.

 

Alors dans la mesure où vous avez déclaré forfait pour votre cross du dimanche (ce n’est après tout que le 3ème cross que vous aviez prévu de faire mais qui vous file sous le nez depuis mi-novembre), où il vous semble avoir été plutôt raisonnable coté natation (là ok, après coup, j’admets que ça se discute…), et où vous avez survécu au stage de Noël de 3 jours proposé par la Ligue de Bourgogne Franche Comté à Vittel, vous êtes convaincu que passés ces 7 jours, vous ne craignez plus rien et vous repartez donc de plus belle. 

De plus, vous êtes tellement impatient de retourner courir que vous ignorez les signaux externes tels que les cernes marbrés de violet sous les yeux, le nez qui coule en continu ou les sinus tellement à vifs qu’ils vous font mal quand vous penchez la tête en avant. 

C’est comme cela que vous partez pour un footing un peu soutenu, histoire de vous rassurer et de compenser ces trop nombreux jours de glandouille. Manque de bol, les sinus ne sont pas de cet avis et vous font très vite regretter vos 55 petites minutes de bonheur à l’air libre en vous clouant de nouveau au lit pour la fin de la journée.

Ça s’appelle un cercle vicieux.

C’est là que s’opère le premier paradoxe du sportif : au lieu de prendre son mal en patience et d’attendre vraiment 3, 4 jours que cette saloperie passe (désolée, mais dans la mesure où elle me colle aux bask' depuis maintenant 16 jours, j’ai le droit de la qualifier ainsi), le sportif tient péniblement une journée inoccupé puis, d’envie, de hâte, d’empressement, ressort se défouler : manque de bol, il se retrouve cloué au lit aussitôt rentré.

Retour à la case départ. + 2 jours.

Au passage, ce paradoxe est d’ailleurs exactement transposable (et largement amplifiable) si vous remplacez « malade » par « blessé ».


Réitérez ceci 3 fois, et la seconde semaine de crève / sinusite passe bien plus vite que vous ne l’auriez envisagé. Le souci, c’est qu’une fois les cadeaux de Noël déballés, la manucure hivernale faite (pour les mains comme pour les pieds), le baume du tigre bio maison confectionné (deux fois), les sablés à la cannelle prêts, décorés, et mangés, l'ordinateur pimpé avec un ananas et des colibris, les occupations commencent à se faire rares. La première torture supplémentaire, c’est d’avoir reçu des vêtements techniques de course à pied qui vous font de l’œil ainsi qu’un maillot de bain ouffissime qui porte hélas toujours son autocollant « hygiénique » 3 jours après son déballage. 

 

Ok, ok, vous êtes stoïque, très stoïque, et prenez sur vous (et retournez manger trois sablés). 

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Et ne me dîtes pas que je suis restée sans rien faire, hein...

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So la classe... Oui j'avoue...

Pas de chance, vous avez la cerise sur le gâteau qui commence à vous travailler : il s’agit de votre nouvelle montre GPS Garmin 735 XT reçue à Noël et déjà réglée, évidemment, vous vous en êtes chargé dès le lendemain du réveillon. Depuis, vous la portez au poignet mais vous devez vous contenter de l’application « analyse du sommeil » (dont à vrai dire vous vous cognez). Le hic, c’est qu’à 8h45 et à 15h, cette garce se met à vibrer et ose vous provoquer en indiquant « bougez ! ». Tu as de la chance de coûter une fortune, et que j’ai de l’ambition pour nous deux, sinon tu aurais fini sous le couteau à pain, garce de montre.

 

Bon, nous sommes 14 jours plus tard et les sinus résonnent moins dans les joues et les dents lorsque vous marchez. Il est temps de ressortir pour de bon.

 


 

L’esprit de contradiction prend son envol et l'être paradoxal apparaît sous toute sa splendeur :

  • Vous avez pris un repas conséquent et n’attendez pas suffisamment longtemps avant de chausser vos baskets : vous passez la sortie à sentir (et entendre) votre ventre remuer tel un cycle essorage 800 tours/min. Autant dire que c’est loin d’être agréable et que vous vous répétez pendant les 12 km que vous êtes écœuré. Et pourtant, aussitôt rentré, douché, séché, c’est l’heure de vous mettre à table, et il ne faut même pas vous prier. Mémoire vive du coureur ? Le temps de la douche ?
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  • Partout en France, on parle d’alertes pollution au point que l’autoroute blanche a mis en place une circulation alternée pour les poids lourds. En effet, depuis votre lieu de vacances, 500 mètres (d’altitude) plus haut, vous voyez effectivement ce nuage gris sale flotter dans la vallée depuis que vous êtres arrivé, une crève et une sinusite plus tôt. Vous avez une séance à faire en privilégiant si possible un parcours plat : Ni une, ni deux, vous voilà parti courir sur la piste cyclable le long de cette fameuse autoroute. Le coureur se met à manger bio, sain, mais en contrepartie, il nourrit ses poumons de particules fines. Logique du coureur ? euh ?
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La vallée "juste" un peu polluée...

  • Il fait très froid, humide, le sol est glissant voire verglacé par endroits, et il fait à priori plutôt sombre ? Pas grave, on a de super fringues contre le vent, de chouettes sous-couches contre le froid, un buff et des gants tout doux, et une frontale high-tech avec une autonomie de malade. Alors on se couvre, et on y va. On essaye de se convaincre qu’on est bien mais très honnêtement, on a soit beaucoup trop chaud et on finit par ôter toutes ces épaisseurs et par devoir les porter à la main au bout d’à peine 10 minutes, soit on n’arrive en fait jamais à se réchauffer et on court crispé du début à la fin, pour terminer par perdre un doigt et 3 orteils, à regretter (très) amèrement la saison des poumpoum shorts et du simple débardeur. Mais on fond, si c’est si inconfortable et pénible de courir l’hiver, alors pourquoi on n’attend pas simplement le printemps pour s’y remettre ? Le coureur est libre, mais il n’a pas l’air d’en être bien conscient.
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Nan mais y a pas photo... on est tellement mieux en poumpoum short ... Vivement le printemps !

Des paradoxes, vous dîtes ? Oui ! et encore, j'en oublie ! Et je répondrai comme à chaque fois que je ne sais pas quoi répondre : oui, je suis paradoxale, mais je ne fais de mal à personne ! 

 

Et maintenant, vu qu'on est une date spéciale, il me reste à  vous et nous souhaiter encore plein de paradoxes pour cette nouvelles année 2017 ! 


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Commentaires: 1
  • #1

    Anne (dimanche, 01 janvier 2017 21:12)

    le Baume du Tigre mentionné n'est pas du tout paradoxal, lui ;)