Oui c’est les soldes, mais ce n’est pas une raison pour vous blesser !



Je ne vous apprends rien : la semaine prochaine, ce sont les soldes !

 

« Tiens, ce serait une bonne occasion de racheter des chaussures de running, les miennes ont déjà 900 km », pensez-vous sans doute.

C’est une excellente raison : passés les 800 km, il ne serait pas surprenant que vous commenciez à sentir quelques douleurs aux chevilles, genoux, hanches… lors de vos sorties.

« Mais comment je fais pour connaître les km de mes chaussures ? », me demandez-vous.

 

 

Ah… Alors soit vous êtes super régulier et vous connaissez combien de km en moyenne vous courrez chaque semaine (donc chaque mois), vous avez une bonne mémoire et vous souvenez de la date d’achat de vos chaussures. Comme vous êtes bon en maths, vous calculez et le tour est joué.

Soit, comme moi, vous êtes un coureur ultra irrégulier (blessures ou manque de volonté, au choix) et courez entre 2 (juin 2016) et 225 (décembre 2016) km par mois, ce qui rendrait un calcul moyen assez aberrant. De plus, comme moi, vous avez 2 paires de chaussures en service en même temps afin d’éviter les blessures. Alors comme moi, il ne vous reste plus qu’à geeker sur un fichier excel et à noter après chaque sortie la distance et le matériel utilisé.

Adrinaline sport conseils chaussures running soldes
On ne se refait pas... un joli tableau croisé dynamique pour le fun (wouhou...) #lageek

Nous y voilà : le calcul est fait, vos chaussures sont usées, il faut passer à l’action.

Comment choisir le prochain modèle ?

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Elle m'a prêté ses piedset ses loubout' ; merci Clo !

L’erreur numéro Uno 

Je l’ai commise à maintes reprises : j’ai confondu le shopping et le sport, et j’ai choisi mes runnings en fonction de la couleur qui me plaisait et qui était la mieux assortie à mes vêtements...

NON !! Je dis et je répète NON !

Ne faites pas/plus ça, je vous en conjure.

C’est la première cause de blessure : les marques et les modèles sont tellement différents et spécifiques que vous ne pouvez pas vous contenter de leur look pour les choisir.

 

Vos talons aiguille vous font mal ? Tant pis, vous les porterez moins ou vous souffrirez (en même temps, vous vous attendiez à quoi, hein !).

Mais les runnings, elles, vont réussir à vous priver des mois de course à pied si vous les choisissez mal.

Une méthode simple qui fonctionne plutôt bien, c’est, dans l’hypothèse où vous êtes bien dans vos baskets (et je vous le souhaite, dans tous les sens du terme d’ailleurs), de repartir sur la même chose. Veillez tout de même à vérifier que le fabricant n’aurait pas subtilement décidé de révolutionner le modèle sans lui changer son nom. C’est sioux, c’est un peu débile, mais ça arrive.

Vous souhaitez changer de modèle mais vous avez peur de tout ce choix et de tous ces termes techniques pour qualifier les spécificités de chaque gamme (un peu comme quand vous allez chez le garagiste avec votre voiture qui pour vous n’est que l’assemblage de 4 roues et d’un volant, et que là on vous parle des biellettes de direction) ?

Voici quelques explications et passons donc à la méthode (beaucoup) moins simple !

 

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Un choix de malade. Crédit photo : Karine, Terre de Running Quetigny !

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Amorti visualisé sur le modèle Brooks Ghost

L’amorti d’une chaussure, c’est ce qui fait que les impacts au sol se font moins sentir quand vous courez. Il est souvent plus important au niveau du talon que des orteils, et peut avoir un effet plus ou moins « rebondissant ».

Il faut se méfier de cet aspect qui vous fait croire que vous allez vous envoler au prochain footing : plus c’est souple, plus cela sollicite votre voûte plantaire, laquelle, si elle n’est pas préparée, peut en faire les frais.

Personnellement, je préfère donc les amortis moins fun mais plus « denses ».

Selon les modèles, ils sont également plus ou moins conséquents puisqu’ils s’adressent à des gens plus ou moins lourds (ou costauds si vous êtes susceptible).

 

Le risque lié à un amorti important est qu’il absorbe tellement le choc au moment où le talon se pose au sol que vous n’avez plus « d’effort » à fournir sur votre foulée et vous finissez par courir spontanément en « attaque talon », ce qui n’est pas naturel, pas efficace car vous êtes moins gainé, plus « lourd » et moins tonique, et source de blessure pour vos pieds, vos genoux, vos hanches. Un combo idéal, donc !

 

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Le drop, à ne pas confondre avec l'amorti

Le drop, c’est justement l’écart (indiqué en mm) de hauteur entre les orteils et le talon.

Un drop important signifie plus de talon et peut soulager notamment les douleurs aux tendons d’Achille ou aux talons.

Le revers de la médaille, c’est qu’il va solliciter plus le genou et donc le tendon rotulien et amplifier vos éventuelles douleurs à cet endroit.

Il faut donc trouver le juste milieu entre tous ces bobos potentiels et privilégier un drop un peu plus faible si vous avez tendance à avoir mal aux genoux par exemple.

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Les chaussures top extrêmes minimalistes, les Five Fingers

La chaussure minimaliste : c’est ultra en vogue en ce moment, avec son apogée, le modèle « five fingers » (ou « barefoot », littéralement « pieds nus », ce qui est assez évocateur).

Cela correspond à une chaussure à faible drop et avec très peu voire pas d’amorti.

Son principe est de vous faire revenir vers une foulée plus « naturelle », plus dynamique, qui consiste à ne quasiment plus poser le talon au sol. Pour courir avec ces chaussures, il faut passer par une phase de transition très progressive : les mollets vont être très sollicités, de même que les tendons d’Achille, ce qui peut vous blesser.

 

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La Hoka : Un concept et une chaussure à part dont le nom va finir comme scotch ou frigidaire.

Elle offre beaucoup d’amorti (pas besoin de légende, je pense), mais reste à faible drop, puisque l'amorti est quasiment le même des orteils jusqu'au talon.

Sous ses allures de paquebot, elle est en réalité ultra légère, je vous rassure, et il parait qu'elle est en plus très dynamique.

 

C’est une excellente illustration de la multitude de combinaisons drop / amorti / minimaliste que vous pouvez trouver en termes de running aujourd’hui et me permet d’enchaîner sur la grande question qui vous vient à l’esprit maintenant :

  

« Ok, et maintenant, je choisis quoi, alors ? »

Hé bien c’est (pas franchement) facile :

 

Il faut combiner tout ce que je viens de vous dire, y associer votre utilisation ou vos habitudes de course à pied, la morphologie de votre pied (large / fin / creux / plat / éventuel orteil proéminent / etc.), votre carrure, votre type de foulée, et absolument essayer / tester / valider !

Au besoin, vous pouvez aussi demander conseil en boutique, il y a des gens qualifiés pour ça !

 

Bon... Avouez que si à tout ça, vous ajoutez en plus vos goûts esthétiques, on est franchement très mal barrés…

 

Il vous reste à reprendre le refrain des acheteuses compulsives qui, ici, est complètement justifié ;

 

if the shoe fits, buy it !

C’est 100% vrai dans ce cas, alors ne vous privez pas d’aller flâner pendant les soldes ! 

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La petite question annexe : qu'en est-il des corrections pour les coureurs supinateurs / pronateurs proposées par certaines marques ?

Bon... je n'ai pas forcément un avis très objectif sur la question. Ces corrections "standard" vous apportent éventuellement un peu plus de stabilité qu'un modèle dit "universel", mais comme chaque modèle corrige différemment, le jour où vous en changerez, il faudra de nouveau vous adapter. Par conséquent, j'aurais tendance à vous conseiller des semelles orthopédiques conçues pour vos pieds à vous et qui durent, plutôt que d'acheter des chaussures à correction 'lambda" variables. Mais ce n'est que mon avis. 

 

Et moi dans tout ça ?

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Y a pas à dire, c'est tellement plus joli quand c'est neuf... ! Dans l'ordre : Sketchers (sportwear) - Nike (sportwear personnalisées) - Pointes de cross Asics - Runnings Adidas Boston - Trail Dynafit Féline

J’ai actuellement 5 paires de course à pied et aucune n’est le doublon d’une autre (parce que je n’évoque pas mes autres baskets de sportwear qui, elles, sont magnifiques, mais qui ne dépasseront jamais le 5 km/h, les pauvres) :

  •  Mes pointes de cross… pour faire du cross / patauger dans la boue.
  • Des Brooks, modèle T7, ultra légères, très dynamiques, avec un drop de 11 mm mais peu d’amorti, que j’utilise pour des distances très courtes où j’espère aller très vite (triathlons sprint donc 5 km ou alors courses <10 km).
  • Une paire de Mizuno, modèle Sayonara, qui sont un peu trop larges pour moi mais dans lesquelles je me sens plutôt confortable, que j’utilise donc pour les footings.
  • Une paire d’Adidas, modèle Boston, plus fines, ultra confortables, avec un amorti un peu trop souple sans doute et un drop de 10 mm, qui sont assez dynamiques et que j’utilise pour mes séances de fractionné et pour les 10 km. 
  • une paire de chaussures typées « trail », marque Dynafit, modèle Féline, adaptées à un pied fin. Je n’ai pas abordé le sujet trail ici donc je ne m’étends pas mais elles sont top !

Ayant des semelles orthopédiques qui me sont adaptées, je dois limiter au maximum les corrections apportées par les chaussures. Dans ce cas, le drop de 10 mm de mes chaussures Adidas Boston est presque trop important : vu qu'elles sont en fin de vie, je pense chercher un modèle qui y ressemble mais à moindre drop.

 

 

Le mot de la fin (enfin !)

 

 

Une fois que vous aurez trouvé chaussure à votre pied, j’ai un dernier conseil à vous donner : ne basculez pas brutalement du jour au lendemain sur ce nouveau modèle.

Préférez une transition en douceur en alternant pendant quelques semaines entre vos anciennes et vos nouvelles chaussures.

 

 



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