Dimanche dernier, j'ai couru un sacré cross (donc j'ai sacrément pensé) !

ADrinaline cross country championnat France Région
Championnat inter-régionnal de cross country à Châteauvillain

Je vous le rappelle, nous sommes en pleine saison de cross country puisqu’elle a démarré quand la météo maussade a pris le dessus (certes, ce n’est pas un indice ultra précis quand on habite Dijon). Si vous ne souvenez pas ce qu’est un cross ou si vous cherchez un coup de pouce pour vous y mettre, c’est ici.

Adrinaline cross country championnat France Région
Les 13 nouvelles régions françsaises. Source : http://www.europe1.fr/politique

Dimanche dernier, c’était les inter-régions, la demi-finale, ou les pré-France, appelez-la comme vous le souhaitez, il s’agissait de l’avant-dernière étape du championnat de cross-country organisé par la FFA, ultime étape pour récupérer une qualification individuelle ou par équipe pour le championnat de France du 26 février.

 

Suite à la nouvelle découpe de la France (13 régions au lieu de 22), notre demi-finale à nous regroupe désormais la Bourgogne Franche-Comté et la région Grand-Est (Alsace, Lorraine, et Champagne Ardenne) et a densifié la concurrence par la même occasion. Cette année, c’est à Châteauvillain que nous avons enfilé nos pointes pour ce nouveau cross.


L’analyse de la startlist sur le cross élite féminin m’a permis de conclure avant même de prendre le départ que pour le podium, ce serait (très) compliqué. Je savais donc que je visais au mieux la 3ème place, et ce à condition d’avoir les jambes et la tête (très) fortes sur tout le parcours ! A titre personnel, j’avais également à cœur de courir un meilleur cross que l’année passée à Sens, où j’avais pris un départ bien trop rapide qui m’avait coûté de précieuses places sur la fin du parcours, terminant 8ème. L’ambition de l’équipe, elle, était « tout bêtement » de conserver notre titre de championnes et d’ainsi qualifier 6 athlètes de l’AC Chenôve pour le championnat de France. 

ADrinaline cross country championnat France Région

A notre arrivée sur le site de la course, le rituel est peu ou prou systématiquement pareil : nous retrouvons à la tente du club notre coach Patrice qui nous donne notre dossard et nous conseille la taille des pointes à visser pour l’occasion, ayant assisté plus tôt aux courses des Masters et des jeunes.

Aujourd’hui, ce sera du 15 mm. L’échauffement démarre environ une heure avant notre départ officiel et une fois qu’il a commencé, le timing se resserre et le stress monte : il vaut mieux préparer le maillot de club avec le dossard et les pointes dès notre arrivée à la tente, lorsque nous sommes encore « calmes ». 

Le matériel est prêt. Nous commençons le repérage du parcours en commentant chacune nos différentes impressions :

« wouaaaa tu as vu le départ est en faux plat montant »,

« la première ligne droite est super longue, faudra pas partir trop vite sinon on va crever »,

« ils sont où les arbres pour faire pipi ? »,

« pour la petite boucle, c’est tout droit, et pour la moyenne, c’est à gauche, vous avez bien vu ? ».


Notre parcours est simple à retenir : nous avons 3 « moyennes boucles » à parcourir. Au passage, c’est d’ailleurs bien dommage car cela représente la même distance exactement qu’il y a 2 semaines, soit 6,6 km, alors que c’est plus de 8 km qui nous attendent pour le championnat de France dans 3 semaines et qu’il aurait été intéressant d’avoir des paliers à chaque étape du championnat… Bref.

ADrinaline cross country championnat France Région
Le parc aux daims à Châteauvillain, ou la fosse à coureurs pour la journée !

 

Le parcours est cependant très intéressant : des virages étroits donc des relances, des faux plats, de la boue, du sous-bois, des pentes raides, des grandes lignes droites, du caillou, de la feuille morte, de la boue, le tout slalomant entre de grandes parcelles où le public peut encourager : on ne va pas s’ennuyer !

Adrinaline cross country triathlon championnat athlétisme
En attendant le départ ! Crédit photo : A. Pennec

L’échauffement commence. C'est simple, je déteste les échauffements. Je me sens fatiguée, lourde, pataude. J’ai systématiquement la sensation de n’avoir plus rien dans les jambes, et que le stress qui monte me fait perdre ma niaque et mon énergie.

Si je le pouvais, j’interdirais les échauffements et je m’associerais plutôt au public pour regarder les autres courses ! Dimanche dernier, donc, je n’y coupe pas et je passe par toutes ces désagréables sensations.

Dieu merci, on est une équipe, et je profite du groupe pour me laisser porter.

Le parcours est repéré, le footing et les gammes sont faits (monter de genoux, talon fesse, « skippings », etc.) : il nous reste à nous mettre en tenue, à enfiler les pointes, et à aller « faire les accel » au départ.

 


Très sincèrement, nul besoin de « faire les accel » pour que le cœur monte : l’ambiance suffit ! 

Nous nous plaçons sur la ligne et attendons le coup de pistolet de l’orga. Argggg j’ai peur.

Pan ! Allez, c’est parti. J’ai l’impression de voir la course sans la courir : je cherche les fameuses favorites et je me freine volontairement pour ne pas me griller prématurément, sans vraiment réaliser que ça a commencé. Je passe le premier virage environ 10ème. Combien, parmi cette dizaine  devant moi, sont à leur vraie place ? Vais-je, comme elles, me griller et terminer à genoux ? 

Adrinaline cross country triathlon championnat athlétisme
Départ du cross long ! crédit photo : Facebook ligue BFC

ADrinaline cross country championnat France Région
Première boucle derrière Daisy Colibri. Crédit photo : Terre de Running Quetigny

Non ! C’est bon, j’ai retrouvé mes jambes ! Je guette l’avant de la course et je fais en sorte de ne pas me faire piéger par les filles qui ralentissent progressivement. Rapidement, nous formons un petit groupe derrière les 3 filles de tête.

Pendant le premier tour, qui passe très vite, je me laisse guider par Daisy Colibri qui maîtrise mieux que moi les allures (et pour cause, je l’ai vue en action à Sens l’an passé). C’est au cours de la seconde boucle que je dois prendre une décision : alors que je la relaie, elle semble réduire légèrement son allure, me laissant seule : dois-je ralentir à mon tour pour rester avec les autres ? Dois-je partir seule, tenter ma chance vers le podium, quitte à finir dans le (très) mal ? 

Je réalise mentalement un bilan de santé accéléré : pour le moment, la tête et les jambes vont bien :

So far, so good… Je me rappelle également que je suis entraînée et que je suis donc probablement à ma place ici !


ADrinaline cross country championnat France Région

Alors non, hors de question de ralentir ! Je continue sur ma lancée, au train, et je profite de tous les encouragements que j’entends pour garder confiance. 

Toujours sur cette seconde boucle, je constate qu’un écart se creuse entre les filles en position 2 et 3, qui jusque là couraient ensemble : cela me motive à maintenir mon allure, dans l’éventualité où la 3ème féminine aurait une faiblesse et où je pourrais remonter d’un cran encore. Cette réflexion occupe mon esprit sur la fin du second tour.

Ne rien lâcher. Pas maintenant. 


La dernière boucle est évidemment la plus difficile. Je constate à regrets que la séparation des filles devant est due à une accélération de la seconde (Lucie Picard), et non à un ralentissement de la 3ème (Anaïs Dechamps). 

Adrinaline cross country triathlon championnat athlétisme
La fin fait vraiment mal... Vieille prognathe à la recherche d'oxygène !

Mon ventre commence à me faire souffrir et je me demande si je ne vais pas vomir ou faire un malaise (désolée ce n'est pas glam' mais c'est ce qui me passe par la tête sur les derniers instants de la course…) avant l’arrivée mais je réalise qu’il s’agit vraisemblablement de courbatures aux abdos (non, je n’aurais vraiment pas du m’entraîner à faire ces tractions en statique hier … !), que ce n’est donc rien de grave.

 

J’entends et j’apprécie sincèrement tous ces gens qui nous encouragent. Dans la mesure où ils ne m’encouragent pas « que » moi, il est évident que je n’ai pas creusé de gros écart et que je ne dois surtout pas relâcher mon effort. A 500 m de l’arrivée, j’entends « allez Adrienne, tu as 200 m d’avance » : je me rassure, mais tout à coup, la personne se reprend « euh pardon, 20 mètres ». Ah… c’est une autre affaire !

 

Je serre les points, j’ouvre encore plus grand la bouche à la recherche d’oxygène pour mes cuissots (#vieilleprognathe), je tire sur les bras, je me grandis (enfin j’essaie), et je cherche des yeux l’arrivée qui se fait drôlement désirer.

 


Il ne me reste plus grand-chose dans les jambes ni dans la tête. Ma lucidité s’est tirée avec les 180 mètres de « non-avance » ! L’ultime ligne droite, bien qu’en faux plat descendant, est interminable. Et pourtant, au bout de 25 min et 37 secondes d’effort, je n’y crois plus mais franchis la ligne d’arrivée ! 4ème féminine  (et pour la blague, 3ème Sénior puisque Lucie Picard est encore Espoir !) ! Je suis franchement ravie ! 

Adrinaline cross country triathlon championnat athlétisme
Le petit selfie qui va bien ! les filles de l'ACC <3

Les autres filles de l’équipe ne tardent pas à arriver non plus, nous permettant de conserver notre titre et de gagner notre qualification pour le championnat de France !

De plus, à notre arrivée, nous apprenons que les filles du cross court ont, elles aussi, réussi à se qualifier par équipe, une première pour notre club !

Nous irons toutes au championnat de France, c’est vraiment une belle récompense pour nos efforts de cet hiver !

 

Hé ouais, il s’en passe des choses dans ma tête (et dans mes jambes), en 25min37 !




Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    Anne (lundi, 13 février 2017 19:26)

    Bon, je crois que je vais laisser le plaisir du cross aux autres, être spectatrice, ça doit pas être mal aussi ....Mais y'a quelques années, je crois que j'aurais (beaucoup) aimé....

  • #2

    Tumebroutes (lundi, 13 février 2017 20:16)

    Allez Adrieeennnne !!!!