Mon premier championnat de D1 de DU !



Le week-end dernier, j’ai participé à mon premier championnat de D1 de Du avec ma nouvelle équipe de Rouen Triathlon à Paillencourt !

Qué ? Hein ? Qu’est-ce qu’elle raconte ?

Ok, reprenons les définitions :

la D1, c’est comme les ligues au foot, c’est la première division française, donc le « haut » niveau français avec également des athlètes internationales dans certaines équipes.

Le Du ? C’est le super raccourci pour duathlon (c’est qu’on est paresseux, quand on est duathlète …), une discipline enchaînée qui dépend de la fédération de triathlon et qui consiste à courir, pédaler, puis à courir de nouveau.

 

Paillencourt ? C’est dans le Nord (les maisons en briques rouges, tout ça tout ça…), comme à peu près chacune des étapes du championnat à venir !

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon

16 heures samedi, me voici donc arrivée à Paillencourt où j’ai retrouvé les équipes femme et homme de Rouen, le coach Nico et l’accompagnateur Olivier. Le temps des présentations, d’enfiler des tenues assorties et nous partons repérer les parcours à pied et à vélo.

 

Nous en profitons pour faire un peu plus connaissance : les filles ont toutes l’air très sympa (Ludivine, Hélène, Clémence, Audrey, Delphine), le message est clair : on est compétitrices, mais on est là pour se faire plaisir avant tout ! La météo est franchement inespérée, bien qu’animée d’un bon vent qui décoiffe. La boucle de course à pied (CAP, à prononcer comme « même pas cap », encore une fois, le duathlète est paresseux) est variée, ponctuée de zones de pavés, d’herbe, de montées, de descentes et de relances : cela me plaît beaucoup et c’est tant mieux puisque j’aurai à la courir à deux reprises en CAP 1 puis encore une fois en CAP 2 ! 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Un nouveau club, une nouvelle tenue (mais toujours la même tronche...)

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Brenda prête comme jamais !

A vélo, c’est tout d’un coup moins subtile mais cela reste intéressant : le parcours est un triangle de 5 km dans les champs qui nous permettra de profiter d’un fort vent de face sur un tiers du parcours, mais sans jamais vraiment l’avoir de dos, ponctué de deux dos d’âne qui auront leur importance et d’un peu de relief malgré la région.

 

On échange sur nos différents constats concernant les boucles à parcourir : « vous avez bien vu que la fin de la CAP 1 est différente de la CAP 2 ? », « il ne faudra pas oublier la mini boucle jusqu’au plot avant l’arrivée à la fin », « à vélo, il faudra bien se rappeler de tourner à droite au dernier tour pour rejoindre le parc à vélo ». D’un coup, je réalise que demain, on a une compète, et qu’en plus, ça va piquer les gambinettes ! « Oui, le duathlon est un sport violent », entends-je. Le stress monte encore d’un cran !


Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Ludivine, Delphine, Clémence, Hélène, moi et Audrey quand nous pûmes -enfin !- entrer dans le parc

Dimanche matin, 7 heures, le réveil sonne. Je vous épargne la violence due au changement d’heure. Le temps d’engloutir un petit-déjeuner copieux, de se mélanger les pinceaux entre les numéros de dossard et de tatouages (même pas moi, pour une fois !), de coiffer nos casques et vélos du même numéro, de marquer ma nouvelle veste de club blanche d’une magnifique trace de pédalier, nous quittons l’hôtel pour rejoindre le site de la course. 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon

L’échauffement se fait un peu en pointillés, animé par le besoin de trottiner mais freiné par l’obligation de rentrer dans le parc à vélo dans les temps malgré le retard pris par l’organisation. Alors on courotte (du fameux verbe courotter) dans une ruelle adjacente en long, en large, en travers, jusqu’à ce que ce soit notre tour de rentrer dans le parc.

Brenda et ses copines sont placées dans leur box, les chaussures de vélo attendent sagement, fixées sur les pédales (ça, c’est comme en triathlon) ; tout est prêt ! 

On repart pour quelques ultimes accélérations et tout à coup, nous sommes appelées dans le « sas » de départ. 


Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Départ imminent !

Pas de jingle musical stressant, pas de simagrées, le départ est donné très brutalement.

 

« Le duathlon est un sport violent », m’a-t-on répété hier ? Je confirme ! Dès le coup de pistolet, je crois littéralement mourir : tout d’abord victime d’un croche-patte venu de derrière, les filles des côtés qui se resserrent sur moi, je trébuche. Je me vois me casser les dents sur le bitume. Coup de bol, ma main s’accroche au hasard à la tenue d’Hélène et me permet de me redresser (solides, ces trifonctions, je recommande !). Encore une quinzaine de mètres la tête en bas et je retrouve enfin mon équilibre. Résultat de l’action : j’ai le cœur qui bat à 300 pulses au bas mot, je suis enfermée, bloquée de toutes parts et il m’est impossible de m’extraire de ce troupeau stressant. Nous sommes tellement serrées que nous devons presque faire la queue pour le demi-tour au premier plot, c’en est ridicule («c’était bien la peine de sprinter comme des têtards au départ », je pense). Malgré ce ralentissement, je passe le premier kilo en 3’30 !

Il faut désormais temporiser un peu et gérer pour la suite. Je remonte progressivement un bon nombre de filles et je termine les 5 km de la CAP 1 en 18’14, ce qui n’est pas dégueu avec zéro course à pied depuis 2 semaines !

 

La suite ? Triathlon et duathlon, même combat, j’ai l’habitude : pas de bousculade pour entrer dans le parc à vélo, et pour cause je suis de nouveau victime de la malédiction des championnats avec drafting : je suis absolument seule ! Les filles sont soit à 10 secondes derrière, soit à 15 secondes devant, mais en aucun cas à mes côtés. J’arrache Brenda de son emplacement et pars à fond, sans même prendre le temps de glisser mes pieds dans les chaussures, dans l’espoir (vain) de remonter sur les filles de devant. 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
crédit photo : P. Bethermin (noter le pied droit en chaussette ...)

Au terme d’un tour, réalisant que, seule, je ne rattraperai pas 8 filles lancées en groupe, je décide d’enfiler au moins une chaussure. A ce moment-là, Ilse Geldhof me rattrape et à deux nous repartons chercher le groupe. Je me dis qu’il est temps de chausser mon pied droit, sauf que ma chaussure n’est pas de cet avis et préfère se faire la malle en tombant par terre sans que je puisse la ramasser. Me voici donc en chaussette sur ma pédale, et je peux vous dire que c’est monstrueusement douloureux, surtout lorsque vous avez 2 dos d’âne à passer 4 fois… Geldhof se retourne et me hurle dessus pour que je prenne un relais, ce qui est simplement impossible avec un seul pied chaussé. Alors elle essaye de me faire lâcher sa roue en lançant des attaques assez violentes, mais c’est mal me connaître : pour une fois que j’ai un vélo à suivre, je ne vais pas le laisser filer ! Même si me mettre en danseuse relève du défi en chaussette, je sers les dents et je la rattrape systématiquement. 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Toujours derrière Ilse Geldhof, paie ta relance en chaussette ! Crédit photo : P. Bethermin

Au terme du troisième tour, des filles nous rattrapent et avec leur aide, nous remontons très vite sur le pack de devant : le dernier tour est particulièrement nerveux, les filles voulant se rapprocher de la tête de course, lançant des accélérations de quelques secondes pour finalement s’essouffler à cause du vent de face. A l’approche du parc à vélo, le troupeau devient agressif et bordélique, si bien que je commence à prendre peur au beau milieu de tout ce carbone. Mon gros avantage à cet instant précis, c’est que je n’ai qu’une chaussure à retirer, ce qui va donc 2 fois plus vite que les autres ! J’aperçois alors une micro fenêtre de tir pour me faufiler sur la gauche et lancer un sprint avant l’ultime virage : ni une ni deux, je serre les dents (et les fesses) et je fonce. Cela me permet de pénétrer dans le parc à vélo la première du groupe et d’éviter de slalomer entre les vélos.

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Hélène qui m'attend à l'arrivée ! Et moi, juste un peu à la recherche d'air !

Je pose Brenda, j’enfile mes baskets, et c’est parti pour la CAP 2, ou « les 2,5 km de la mort ». Le fait d’avoir l’impression de courir sur deux bouts de bois ne me choque pas particulièrement : je n’ai en effet pas encore travaillé les transitions et surtout n’ai pas couru depuis 2 semaines. Je sais d’ailleurs que cette impression passe habituellement au bout de 2, 3 minutes. C’est le bruit que je fais en respirant qui m’inquiète : on dirait un buffle baryton asthmatique. J’ai l’impression d’étouffer mais je n’arrive pour autant pas à remplir mes poumons à fond, comme s’il ne m’en restait plus qu’un. 


C'est dommage car les jambes vont plutôt bien (on ne peut pas dire que je me sois franchement défoncée à vélo). Je fais donc « ce que je peux » sur la fin du parcours, mais avec le bruit que je fais, je peux difficilement feinter la top forme à mes adversaires !

4, 5 filles me rattrapent ainsi, sans que je puisse réagir, et je finis par franchir la ligne d’arrivée en 16ème position.

L'équipe termine 7 ème ex-aequo avec les 5 et 6 èmes : on a une revanche à prendre !

Je suis malgré toutes ces péripéties ravie de cette première expérience. pour la prochaine étape, je tâcherai de dresser mes chaussures et d'apprendre de mes erreurs. J'ai hâte, et ça tombe plutôt bien : la prochaine étape, c'est dans 2 semaines à Parthenay !

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
le selfie d'arrivée qui va bien !

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
...et le selfie en question ! crédit photo : moi ^^

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Commentaires: 1
  • #1

    Anouk (mardi, 28 mars 2017 23:01)

    Quel stress à la lecture .. j ai l impression d avoir participé... belles photos !