Je me suis vue mourir... Heureusement, je portais un casque



Dimanche soir, Bob et moi envisageons comme sortie vélo de monter au barrage d’Emosson lundi. Le livre qui nous met l’eau à la bouche nous suggère, en aller-retour depuis les Praz à Chamonix, une sortie de 60 km et de 1800 m de dénivelé.

Nous, on n’est pas des Mickey, alors on décide de partir depuis Servoz, ce qui rajoute de la longueur et de la hauteur pour atteindre une sortie d’environ 100 km et 2100 m de dénivelé.

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Les Everglades alpins. Où donc est Horacio Caine ?
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Sur les traces de Petitpied

Nous voici donc partis à l’aventure. Peu importe l’aventure, d'ailleurs, car finalement, les pourcentages abominables pour atteindre le barrage ne sont pas la question ici. Sachez simplement qu’en chemin, nous croisons des crocodiles et des dinosaures, et que nous passons par des villages contradictoires appelés aussi bien « Finhaut » que « Grassonnet ». 

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Un lac de barrage qui se mérite. Emosson, 1970m. Oui, quand même.

Sachez aussi que nous avons largement eu le temps de regretter l’absence des bornes kilométriques du côté suisse de la frontière : finalement, c’est drôlement appréciable de savoir combien il reste avant le point culminant et quelle est la pente à laquelle il faut s’attendre !

 

 

Bref : bien qu’immense, le lac de barrage est un peu décevant et pas vraiment turquoise : peut-être la faute aux nuages ? Nous entamons notre descente jusqu’à la frontière franco-suisse, franchissons une seconde fois le col des Montets, puis poursuivons notre retour en traversant Chamonix. 

 

Nous sommes l’un derrière l’autre, vent de (m****e) face oblige, et hyper concentrés sur les bouches d’égout qui ponctuent dangereusement le bas-côté de la route. Nous allons vite ? Oui, sans doute, pour des cyclistes. Mais 35 km/h, sur une route de ville, ce n’est ni un excès de vitesse, ni une fracture de 3 pattes à un canard.

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C'est quand qu'on arrive ?

Tout d’un coup, tout s’accélère brutalement : je ne saurais même plus exactement dire ce qui se passe dans les 4 secondes qui suivent. J’entends Bob crier « attention » (ou peut-être était-ce plus vulgaire ?), je vois une voiture débouler sur notre droite, j’essaie de me décaler à gauche pour l’éviter mais la roue de Bob m’en empêche et m’évite par la même occasion de me jeter sous les roues d’une voiture arrivant en face. Je freine. Ma roue arrière décolle. Et là, je ne sais plus vraiment. A en croire le cratère dans la voiture et la fissure dans mon casque, j’ai du foncer tête la première dans la portière. J’ai ensuite du ricocher sur la route, vu les ecchymoses et le trou dans ma belle tenue côté gauche.

Le corps humain est super bien fait : mes yeux et mes oreilles se sont mis en veille tout le temps de l’atterrissage, jusqu’à ce que je sois à l’arrêt (désarmement des toboggans).

Ensuite, là, j’ai vu : le bitume, ma chère Miss Francilienne sous la voiture, Bob paniqué, mes lunettes par terre. J’ai commencé à trembler et à essayer de comprendre ce qui s’était passé : la voiture quittait sa place de parking. Le conducteur n’a pas regardé dans ses rétroviseurs (vous savez, les miroirs qui sortent de la voiture comme des petites oreilles et qui permettent de regarder derrière vous sur la route ?) et s’est engagé quand nous arrivions à son niveau. A priori, ça a fait beaucoup de bruit. Ça a fait peur à tout le monde. C’est arrivé très vite (même très très très vite).

 

En gros, c’était un accident. Un carambolage voiture / cycliste, comme il y en a tant ces derniers mois. Dans mon cas, il y a eu mille fois plus de peur que de mal, et ce grâce à mon casque.

 

Non, je n’ai rien de cassé et oui, j’ai mal partout (ça fait super mal, une voiture, et encore plus mal, le bitume).

Miss Francilienne ? Je ne sais pas encore, elle va se faire ausculter prochainement.

Mon casque ? Il est foutu, mais il a plutôt bien rempli sa mission.

 

 

L’aventure avait bien commencé lundi matin. Elle se termine finalement assez bien aussi, vus les autres scenarii qui auraient pu voir le jour au moment de l’impact. 

Qui dit mieux : voir des crocodiles, des dinosaures, et sa vie défiler en une seule sortie ?  

 

Non, on n’est pas des Mickey, je l’ai déjà écrit plus haut. Mais on n’est pas immortels non plus.

 

 

Alors s’il vous plait, en attendant que les automobilistes soient plus vigilants, portez-moi ce foutu casque !



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