L’Alpe d’Huez ? Mythique ? Mythique, mythique, … mon c%# - mon œil !



Ou le récit d'une course d'un jour "sans" !

Courant juillet, quand j’ai vu que l’état de mon pied gauche se stabilisait, j’ai eu envie de revivre l’expérience du triathlon CD de l’Alpe d'Huez, 2 ans après ma première expérience.

Première épreuve ? Récupérer un dossard : en effet, dans la famille « je m’y prends complètement à la bourre », je me défends bien et évidemment, lorsque je me renseigne, je réalise que le triathlon est déjà complet. 

Première défaite ? Ma rencontre fortuite avec une portière de voiture (si vous n’avez pas suivi, c’est par ici) qui entraîne un repos forcé à Miss Francilienne et me refroidit légèrement dès qu’il s’agit de remonter sur un vélo.

Première victoire ? Le dossard est récupéré ! Et même deux, pour le coup, ce qui est triste pour leurs propriétaires initiaux mais cool pour Bob et moi.

 

 


Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
Le parc de transition 2 au sommet

Vendredi matin, ça y est, nous y sommes ! Nous récupérons nos dossards, déposons les chaussures dans le parc de transition 2 au sommet, et entamons la descente à vélo en direction du parc de transition 1 avec (à priori) tout ce qu’il nous faut pour nager et rouler.

 

Le trajet pour rejoindre le parc à vélo a beau être principalement en relief descendant, je suis rapidement inquiète quand je sens mes jambes lourdes et fatiguées. J’essaye de me rassurer : « Ce doit être le stress d’avant course ». (Ouais, ouais, tu parles…).

Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
Le parc de transition 1 au niveau du lac du Verney (avec Bob, à vous de le trouver). Crédit photo : page Facebook Alpe d'Huez Triathlon

La bonne nouvelle à l’approche du départ est la température de l’eau : nous qui nous attendions à un petit  13, 14°C, le speaker annonce 17,5°C : c’est monstrueusement chaud pour ce lac !

La mise à l’eau est donc moins compliquée et n’entraîne que quelques petits frissons lorsque la combinaison se remplit brutalement par le cou. Dès que la corne de brume retentit, je réalise que ça va être très compliqué : je me fais recouvrir par les nageurs derrière moi, agripper le bras et la jambe par d’autres, couler, cogner… 

Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
Crédit photo : Thierry Sourbier onlinetri.com

Moi qui me trouvais sur la ligne de départ il y a une minute, je me retrouve 10 mètres derrière lorsqu’enfin je remonte à la surface : je n’ai jamais vu un départ pareil ! Sans parler des 400 ou 500 nageurs qui se retrouvent devant moi, et qui tabassent autant qu’ils peuvent.

Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
Crédit photo : Thierry Sourbier onlinetri.com

Alors évidemment, c’est terriblement frustrant, mais je ne vais pas baisser les bras, ce serait mal me connaître. Donc je nage comme je peux jusqu’à la sortie d’eau. Je vous épargne les coups de poing que je reçois à chaque bouée (je comprends : les hommes qui nagent à mon intense allure, c’est évident qu’ils jouent la gagne, ils ne vont tout de même pas faire attention autour d’eux dans les virages, ça risquerait de leur faire perdre trop de temps… bref, je suis blasée), on se croirait en championnat, c’est exaspérant. 


Je finis par sortir de l’eau (tout vient à point etc. etc. …), je retrouve Brenda assez facilement et je file sur le parcours vélo. Les jambes piquent instantanément, mais je mets cela sur le coup de ma natation qui a été sportive et me laisse bercer par l’illusion numéro 1 que ça ira mieux très bientôt. 

L’espoir fait vivre et dure largement les 15 km pour atteindre le pied de l’ascension. L’illusion numéro 2 ? C’est d’avoir cru que la cassette à 32 dents que j’ai installée pour compenser l’aspect « vélo de chrono » va m’éviter de sentir les pentes, même raides, des premiers lacets. Comment ai-je pu y croire ? Comment ai-je pu opter pour une cassette si différente de ce à quoi je suis habituée sans même l’essayer au préalable ? C’est ce qu’on appelle une erreur de débutant : je mouline à mort sans avancer d’un iota. Les rares plumes qu’il me restait se sont évanouies bien avant d’avoir rejoint la Garde (en Oisans, 3 lacets plus tard). 

Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
Brenda et sa cassette de la mort

Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
"c'est quand la fin?" "un jour sans" "un jour sans" "un jour sans" -soupir- Crédit photo : www.photobreton.com et merci infiniment à Jérôme !

Les jambes sont vidées, le cardio ne monte pas, et quand je cède à la tentation de me mettre en danseuse, je manque de perdre connaissance et de tomber. Je prends mon mal en patience et, pendant que « un jour sans » résonne en boucle et un peu trop fort dans ma tête, les lacets se succèdent, lentement, très lentement : j’ai beau l’avoir déjà gravie à vélo, je trouve cette montée beaucoup trop longue et pénible. J’ai les larmes aux yeux, il n’y a rien à faire : j’essaie mais je n’y arrive pas, je suis épuisée. Un franc succès, cette ascension.

A l’approche du parc de transition 2, je ne cède pas à la tentation (pourtant immense) de m’arrêter ici et d’abréger mes souffrances. Je tiens encore debout, je n’ai donc pas de raison de lâcher l’affaire : je sers les dents, je dépose Brenda et je reprends la course avec l’aide du public (toujours lui !) qui est vraiment en forme, lui, et qui aide à oublier cette partie vélo interminable, et des ravitaillements qui me permettent de me refaire une santé. Course ratée pour course ratée, je décide de partir sans un regard sur mon allure : si je dois finir en marchant, alors qu’il en soit ainsi, je ne suis plus à ça près !

Contre toute attente, cette partie passe inespérément bien et rapidement ; mes déboires à vélo m’ont fait oublier mon pied gauche et j’arrive à maintenir ma vitesse jusqu’au tapis bleu de l’arrivée.

Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
Crédit photo : page Facebook Alpe d'Huez Triathlon

Adrinaline triathlon sport compétition Alpe d'huez CD courte distance
Crédit photo : www.photobreton.com et merci infiniment à Jérôme !

Je ne vais pas dire que je franchis la ligne souriante, ce serait mentir. Tout comme évoquer du plaisir sur cette course serait un gros bobard.

C’était un jour sans, ça arrive. J’aime mieux quand c’est à l’entraînement, c’est certain, mais il faut relativiser : j’ai malgré tout la satisfaction d’être allée au bout et de n’avoir pas cédé à la facilité en mettant le clignotant à vélo.

 

Hauts les cœurs, la forme reviendra !

Merci à Jérôme Breton pour les superbes photos ! www.photobreton.com 


Écrire commentaire

Commentaires: 2
  • #1

    Leroy (mercredi, 02 août 2017 06:04)

    Bravo ! Quel mérite d'avoir eu autant de mental malgre la fatigue et l'épuisement !
    Tu as été au bout en te battant comme une renne : BRAVO

  • #2

    Leonela. (mercredi, 02 août 2017 08:09)

    Tu as une super photo de ton ascencion désagréable en vélo ��