L’Alpe d’Huez ? Mythique ? Mythique, mythique, … mon c%# - mon œil !



Ou le récit d'une course d'un jour "sans" !

Courant juillet, quand j’ai vu que l’état de mon pied gauche se stabilisait, j’ai eu envie de revivre l’expérience du triathlon CD de l’Alpe d'Huez, 2 ans après ma première expérience.

Première épreuve ? Récupérer un dossard : en effet, dans la famille « je m’y prends complètement à la bourre », je me défends bien et évidemment, lorsque je me renseigne, je réalise que le triathlon est déjà complet. 

Première défaite ? Ma rencontre fortuite avec une portière de voiture (si vous n’avez pas suivi, c’est par ici) qui entraîne un repos forcé à Miss Francilienne et me refroidit légèrement dès qu’il s’agit de remonter sur un vélo.

Première victoire ? Le dossard est récupéré ! Et même deux, pour le coup, ce qui est triste pour leurs propriétaires initiaux mais cool pour Bob et moi.

 

 


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Le parc de transition 2 au sommet

Vendredi matin, ça y est, nous y sommes ! Nous récupérons nos dossards, déposons les chaussures dans le parc de transition 2 au sommet, et entamons la descente à vélo en direction du parc de transition 1 avec (à priori) tout ce qu’il nous faut pour nager et rouler.

 

Le trajet pour rejoindre le parc à vélo a beau être principalement en relief descendant, je suis rapidement inquiète quand je sens mes jambes lourdes et fatiguées. J’essaye de me rassurer : « Ce doit être le stress d’avant course ». (Ouais, ouais, tu parles…).

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Le parc de transition 1 au niveau du lac du Verney (avec Bob, à vous de le trouver). Crédit photo : page Facebook Alpe d'Huez Triathlon

La bonne nouvelle à l’approche du départ est la température de l’eau : nous qui nous attendions à un petit  13, 14°C, le speaker annonce 17,5°C : c’est monstrueusement chaud pour ce lac !

La mise à l’eau est donc moins compliquée et n’entraîne que quelques petits frissons lorsque la combinaison se remplit brutalement par le cou. Dès que la corne de brume retentit, je réalise que ça va être très compliqué : je me fais recouvrir par les nageurs derrière moi, agripper le bras et la jambe par d’autres, couler, cogner… 

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Crédit photo : Thierry Sourbier onlinetri.com

Moi qui me trouvais sur la ligne de départ il y a une minute, je me retrouve 10 mètres derrière lorsqu’enfin je remonte à la surface : je n’ai jamais vu un départ pareil ! Sans parler des 400 ou 500 nageurs qui se retrouvent devant moi, et qui tabassent autant qu’ils peuvent.

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Crédit photo : Thierry Sourbier onlinetri.com

Alors évidemment, c’est terriblement frustrant, mais je ne vais pas baisser les bras, ce serait mal me connaître. Donc je nage comme je peux jusqu’à la sortie d’eau. Je vous épargne les coups de poing que je reçois à chaque bouée (je comprends : les hommes qui nagent à mon intense allure, c’est évident qu’ils jouent la gagne, ils ne vont tout de même pas faire attention autour d’eux dans les virages, ça risquerait de leur faire perdre trop de temps… bref, je suis blasée), on se croirait en championnat, c’est exaspérant. 


Je finis par sortir de l’eau (tout vient à point etc. etc. …), je retrouve Brenda assez facilement et je file sur le parcours vélo. Les jambes piquent instantanément, mais je mets cela sur le coup de ma natation qui a été sportive et me laisse bercer par l’illusion numéro 1 que ça ira mieux très bientôt. 

L’espoir fait vivre et dure largement les 15 km pour atteindre le pied de l’ascension. L’illusion numéro 2 ? C’est d’avoir cru que la cassette à 32 dents que j’ai installée pour compenser l’aspect « vélo de chrono » va m’éviter de sentir les pentes, même raides, des premiers lacets. Comment ai-je pu y croire ? Comment ai-je pu opter pour une cassette si différente de ce à quoi je suis habituée sans même l’essayer au préalable ? C’est ce qu’on appelle une erreur de débutant : je mouline à mort sans avancer d’un iota. Les rares plumes qu’il me restait se sont évanouies bien avant d’avoir rejoint la Garde (en Oisans, 3 lacets plus tard). 

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Brenda et sa cassette de la mort

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"c'est quand la fin?" "un jour sans" "un jour sans" "un jour sans" -soupir- Crédit photo : www.photobreton.com et merci infiniment à Jérôme !

Les jambes sont vidées, le cardio ne monte pas, et quand je cède à la tentation de me mettre en danseuse, je manque de perdre connaissance et de tomber. Je prends mon mal en patience et, pendant que « un jour sans » résonne en boucle et un peu trop fort dans ma tête, les lacets se succèdent, lentement, très lentement : j’ai beau l’avoir déjà gravie à vélo, je trouve cette montée beaucoup trop longue et pénible. J’ai les larmes aux yeux, il n’y a rien à faire : j’essaie mais je n’y arrive pas, je suis épuisée. Un franc succès, cette ascension.

A l’approche du parc de transition 2, je ne cède pas à la tentation (pourtant immense) de m’arrêter ici et d’abréger mes souffrances. Je tiens encore debout, je n’ai donc pas de raison de lâcher l’affaire : je sers les dents, je dépose Brenda et je reprends la course avec l’aide du public (toujours lui !) qui est vraiment en forme, lui, et qui aide à oublier cette partie vélo interminable, et des ravitaillements qui me permettent de me refaire une santé. Course ratée pour course ratée, je décide de partir sans un regard sur mon allure : si je dois finir en marchant, alors qu’il en soit ainsi, je ne suis plus à ça près !

Contre toute attente, cette partie passe inespérément bien et rapidement ; mes déboires à vélo m’ont fait oublier mon pied gauche et j’arrive à maintenir ma vitesse jusqu’au tapis bleu de l’arrivée.

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Crédit photo : page Facebook Alpe d'Huez Triathlon

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Crédit photo : www.photobreton.com et merci infiniment à Jérôme !

Je ne vais pas dire que je franchis la ligne souriante, ce serait mentir. Tout comme évoquer du plaisir sur cette course serait un gros bobard.

C’était un jour sans, ça arrive. J’aime mieux quand c’est à l’entraînement, c’est certain, mais il faut relativiser : j’ai malgré tout la satisfaction d’être allée au bout et de n’avoir pas cédé à la facilité en mettant le clignotant à vélo.

 

Hauts les cœurs, la forme reviendra !

Merci à Jérôme Breton pour les superbes photos ! www.photobreton.com 


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Interclubs : syn. grand-messe, manifestation spectaculaire visant à souder l'homogénéité d'un groupe


Courir en rond autour d’une piste ? S’échauffer 45 min, monopoliser sa journée entière (et éventuellement adapter sa semaine précédente) pour une course allant de 20 secondes à 25 minutes ? Faire une croix sur un triathlon alors que la saison démarre tout juste ? J’avoue, ça ne me fait pas rêver.

interclubs adrinaline 3000 mètres triathlon compétition sport

C’est un peu pour cela que j’y allais à reculons, à ces interclubs. Inscrite sur le 3000 mètres, je ne m’étais pas particulièrement préparée, d’une part en raison de mon éternelle blessure au pied gauche, et d’autre part parce que cela ne fait pas franchement partie de mes objectifs en cette période.

 

Les deux raisons pour lesquelles j’y allais étaient avant tout pour rendre service au club en apportant ma contribution sur la chasse aux points, et c’était également l’occasion de voir tout le monde, m’étant privée des entraînements au club depuis le championnat de France de cross début mars.


Dimanche, il est midi, la météo est maussade. Je suis déjà allée voter (trois fois, au passage, qui dit mieux ?), et me voici les bras ballants à attendre un rayon de soleil (là, je rêve) et qu’il soit l’heure de ma course (de midi à 17h10, j’ai le temps). Quitte à attendre, autant aller encourager le club et les athlètes sur place !

A l’approche du stade, je me demande si je ne me suis pas trompée tellement c’est silencieux.

Et pourtant, au moment où je franchis la grille, je découvre une fourmilière ; ça grouille, ça galope dans tous les sens, ça saute, ça lance du poids, du disque ou que sais-je, ça encourage, ça rigole.

Bon, une chose est sûre, la grand-messe de l’athlétisme a bien lieu ici.

Première mission de l’après-midi : se barbouiller les joues aux couleurs du club.

 

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Amélie la championne sur 800m et moi, barbouillées comme il se doit !

Ensuite : encourager tout le monde et en profiter pour se réchauffer face aux 8 degrés et à la bruine collante.

Chaque épreuve est courue par 2 athlètes de chaque club ; autant dire qu’il se crée une complicité entre ces 2 personnes et, même si l’on court seul, on se bat à deux et pour le club, ce qui rend l’épreuve bien plus belle et significative !

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Crédit photo : A. Pennec

Mission suivante : quand j’en ai l’occasion, penser à demander au coach Patrice l’allure que je dois adopter pour ma course (c’est dire à quel point je suis au taquet). Sa réponse est mathématiquement indiscutable : « on va partir sur un objectif de 10'30 d’effort, soit un passage aux 100 mètres en 21 secondes ».

Soit. On part là-dessus, donc.


45 minutes avant la course : il est temps de partir s’échauffer avec sa binôme Léa la traileuse qui elle non plus ne sait pas trop ce qu’elle fait là (« ça manque de dénivelé cette piste »), à part assurer de précieux points pour le club. Nous voici parties à la reconquête de nos orteils perdus pendant les 3 heures d’encouragement précédentes.

Nous profitons de la piste d’échauffement pour jauger la fameuse allure qui nous est demandée, en réalisant que ni elle ni moi ne savons repérer les marques d’un 100 mètres sur piste… Les touristes vont aux interclubs… !

Comme on ne fait pas les choses à moitié, nous constatons également que nous sommes quasiment les seules à partir sur ce 3000 en baskets, les autres filles étant en pointes.

N’empêche, on est super bien assorties dans nos poumpoum shorts verts fluo et on sait tout de même dans combien de tours on s’arrête (7 tours et demi), c’est l’essentiel !

 

Le départ est donné et hop, je suis Alina et Mélanie, les athlètes du club de Dijon UC qui donnent le tempo que je recherche. 

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Crédit photo : A. Pennec

Pendant environ 2 tours, nous nous relayons pour affronter le vent de face à tour de rôle. Ayant la sensation que nous avons ralenti, je relance légèrement.

Je me retrouve donc en tête, perdant l’option relais. Pas grave, car à chaque fois que nous passons devant les gradins, le vent de dos ainsi que les encouragements nous portent !

Les tours passent donc assez vite, au point que je suis complètement perdue dans leur décompte. Je pourrais bien regarder ma montre pour savoir, mais à cet instant précis, quitter des yeux la piste et lever le poignet ne me vient pas à l’esprit. 

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Crédit photo : O. Soulier

Patrice doit lire dans mes pensées car je le vois me montrer 3 doigts et me dire qu’il me reste 3 tours. « Cool ! C’est bientôt terminé » je pense. A ce stade de la course, je commence à me rapprocher de filles plus lentes, ce qui me procure l’effet « écureuil » ou plus communément « tiens il y a quelqu’un à doubler, vas-y accélère ».

Alors je relance.

A l’approche des 2 derniers tours, je réalise que 800 m, c’est à peine plus long que si je nageais 100 m en crawl (ne cherchez pas, mon esprit est perturbé).

Alors je relance.

Au dernier tour, je crois entendre Patrice me dire « attention, ça peut revenir vite sur la fin ».

Alors je relance. 

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Avec Marion qui me rappelle de sourire (1 partout, balle au centre)

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Ça y est, c'est fini ! Crédit photo : N. Bouvier

Inutile de vous faire un dessin, mais je vous assure que le combo « public qui hurle mon prénom + ultimes 100 mètres + probable victoire + course aux points pour le club » me permet de terminer en sprint ce 3000 mètres et de le boucler en 10’24’’44 (dont le dernier kilo en moins de 3’20), apportant par la même occasion 850 points au club (qui en a récolté en tout 43 292) ! Le second de mon immense carrière de coureuse sur piste !

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La fin pour Léa aussi ! Crédit photo : N. Bouvier

Trêves de plaisanteries, moi qui n’arrive pas à battre mon record sur 10 km (qui date de 2014) pour tout un tas de (bonnes et mauvaises) raisons, dimanche, j’ai pulvérisé mon chrono sur 3000 de presque 15 secondes : en 2014, j’avais apporté 807 points au club en courant en 10’39’’12.

  

Voilà qui fait plaisir malgré tout ! 


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La complicité aux inters... crédit photos : A. Pennec

C’est idiot, mais en à peine 10 min 25 de course, j’ai littéralement changé d’avis et j’aurais presque envie de me consacrer au 3000 piste en arrêtant tout le reste ! Il faut croire que l’effet groupe, les encouragements et les endorphines ont un super effet sur moi ! Bon, ne nous enflammons pas, n’oublions pas que le triathlon n’a pas encore commencé !



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Et les sports Co' et l'esprit d'équipe, dans tout ça ?

Vous pensez peut-être que le triathlon c’est bien gentil, mais c’est quand même très individualiste, comme sport. Détrompez-vous, ce n’est pas (entièrement) vrai !

 

Certes, la plupart des triathlons sont des courses individuelles dans lesquelles vous êtes même sanctionné si vous vous aidez des autres. Cela étant dit, figurez-vous que dans cette discipline, il existe tout plein d’options à pratiquer « par équipe », ce qui lui apporte une source de motivation supplémentaire aussi bien pour s’inscrire à une compétition, que pour se rentrer dedans le jour de la course.

Quand vous constituez une équipe pour une course, quelque soit l’objectif de performance ou de loisir, vous vous engagez à ne plus penser « moi », mais « nous ».

En amont, dans le cadre de l’éventuelle préparation, cela peut vous aider à vous extraire du canapé (sans doute bien mieux que les résolutions de rentrée / nouvelle année / pré-été / que sais-je), au nom de votre néo-équipe qui compte sur vous.

 

Le jour J, c’est la journée de l’équipe : que vous ayez une stratégie à respecter individuellement au nom d’une performance commune, que vous ayez décidé de vous faire le plus mal possible pour être au niveau des autres, ou que vous ayez simplement envie de partager votre passion avec un proche, c’est dans un contexte « nous » que vous allez nager et/ou pédaler et/ou courir, et vous allez alors constater que ça n’a plus rien à voir avec une course individuelle (que je ne renie pas pour autant, que les choses soient claires !).


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Débriefing entre duchesses, Angers 2016. Crédit Photo : Mégane VsW

Et après la course ? C’est reparti pour un moment de partage : le débriefing ! Il est possible que vous n’ayez pas trop eu l’occasion de parler pendant la course (par exemple si c’est un relais ou si vous avez été proche du malaise du début à la fin !) : c’est donc le moment d’entendre la version de chacun, les anecdotes ou des pépins individuels, bref, chacun y va de son grain de sel et vous finissez par réaliser qu’il s’en est passé, des choses, pendant la journée ! 


J’ai eu le plaisir de pouvoir faire partie de plusieurs équipes depuis que j’ai commencé la compétition.

 

En triathlon sur le format Sprint CLM (contre la montre), avec les (vieux) fous Moktar & Toto ou avec les gazelles de Dijon.

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Le parcours vélo dont je ne souviens pas : je n'ai vu que le goudrons défiler pendant 20km

A chaque occasion, le mot d’ordre était « le goût du sang dans la bouche » : je dois dire que je n’ai pas eu le temps d’enfiler des masses de perles. L’idée étant de faire au mieux avec les qualités et les défauts de chacune et l’entraide étant autorisée, la stratégie pour les gazelles était simple : Caro donne le tempo, Julie me pousse en nat (ça m’a valu le surnom de truite un petit moment… Merci Julie !), on se relaie dans la mesure du possible et de notre souffle à vélo, puis je rends la pareille à Julie en course à pied ! Même si c’est épuisant pour celle qui pousse, c’est ultra efficace pour la personne poussée et cela fait gagner de précieuses secondes voire de précieuses places !

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Les gazelles sur le CLM Sprint de Vaulx en Velin 2014

Toujours en triathlon mais sur le format Sprint relais, ce fut avec mes chouettes collègues de travail en 2015. Comme eux avaient peur de se dissoudre dans le lac Kir, il a fallu que je nage (ha ha ha, le comble !). A chaque fois que cherchais à m’orienter avec les bouées et que je buvais une petite tasse de bouillasse algueuse, j’étais tentée de renoncer et de me faire ramener sur la berge en canoë. Mais je me rappelais juste à temps que mes 2 partenaires n’attendaient que moi pour, à leur tour, donner leur maximum.

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Les bonnes têtes de vainqueurs (que nous fûmes, en mixtes ET en scratch, au passage !) ou la satisfaction d'avoir tout donné ! Crédit photo : NikO PhoT

Alors je replongeais ma tête de plus belle dans l’eau opaque et, de peur de les décevoir, je reprenais l’effort jusqu’au bout, jusqu’au sprint pieds nus dans le parc à vélo pour laisser Seb prendre le relais à vélo ! 

La joie et la fierté de franchir la ligne d’arrivée main dans la main avec Bruno et Seb en ont largement valu l’effort !

 

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Championnat de France de Bike & Run 2015 : ça pique. Crédit photo : Chalon Triathlon

L’hiver, il existe une discipline très distrayante : le Bike & Run, ou comment parcourir environ 15 km à deux mais avec seulement un VTT.

Quand la règle interdit de poser le vélo au sol, imposant ainsi de rester en binôme du début à la fin, il est possible de se parler, de se booster mutuellement, d’adapter la stratégie de course au fur et à mesure qu’on se fatigue ou des pépins techniques. Ensemble, côte à côte pendant toute la course, on a un rôle de « public mobile » l’un envers l’autre ! Le cardio arrive à saturation et vous hésitez à repartir pour le dernier tour tellement les jambes vous piquent ? Il vous suffit d’évoquer l’idée à votre binôme pour que celui-ci vous encourage et que le moral remonte en flèche : ben oui, vous avez commencé à 2, alors vous finirez à deux !


La notion d’équipe perd son sens, en revanche, lorsque la règle autorise de poser le vélo au sol : la course devient alors « séparez-vous aussi vite que possible mais finissez ensemble ». Il devient tout de suite moins évident de s’encourager et de ressentir les bienfaits habituels d’une course en équipe. Malheureusement, c’est cette règle qui était appliquée lorsque j’ai fait équipe avec mon homme lors du championnat de France de B&R en 2015. Etant déjà hyper concentrée à retrouver Jolly Jumper parmi les nombreux VTT posés sur le bas-côté, à le ramasser en évitant de me prendre un coup de pédale dans le tibia, à pédaler dans la boue, puis à indiquer en hurlant à Steph que je passais lorsque je le doublais à vélo afin qu’il sache qu’il devrait guetter à son tour Jolly Jumper 100 ou 200 m plus loin, et ainsi de suite pendant 16 km, je dois admettre que le « plaisir d’être à deux » a été franchement réduit.

 

Dans un registre moins « compète » mais toujours dans un objectif de partage et de plaisir, j’ai eu l’immense honneur de participer l’été dernier au Ô combien illustre aquathlon de Passy avec une binôme de renom, j’ai nommé ma mère.

 

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Aquathlon de Passy

J’ai nagé (ha ha ha, le comble ! -bis) 1000 m pour ensuite la laisser partir à pied pour 5 km autour du lac.

Déjà d’une nature stressée quand elle est « simplement » du coté du public, et même si l’idée était seulement de partager ce moment ensemble, je crois qu’au départ de la course, elle était au moins aussi angoissée que quand on attendait les résultats de mes concours post prépa ! 

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Le soulagement à l'arrivée !

N’empêche qu’elle a parcouru les 5km aussi vite qu’elle pouvait autour du lac et dans la forêt et terminer la course toutes les deux a été pour nous un moment vraiment magique.

(Yeah, bravo mum ! On refait équipe cette saison ?!).

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Pauline et moi à l'arrivée ; le plaisir de retrouver une coéquipière ! Crédit photo : Mégane VsW

Maintenant, plus d’excuse : trouvez-vous un (ou deux) week-end(s) cet été, un, deux, trois ou quatre partenaires, et GO !

Inscrivez-vous sur une épreuve « collective » : je vous garantis qu’en septembre prochain, vous serez licenciés dans un club de tri ! 



Adrinaline triathlon compétition l'esprit d'equipe
crédit photo page d'accueil : M. Le photographe



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Mon premier championnat de D1 de DU !



Le week-end dernier, j’ai participé à mon premier championnat de D1 de Du avec ma nouvelle équipe de Rouen Triathlon à Paillencourt !

Qué ? Hein ? Qu’est-ce qu’elle raconte ?

Ok, reprenons les définitions :

la D1, c’est comme les ligues au foot, c’est la première division française, donc le « haut » niveau français avec également des athlètes internationales dans certaines équipes.

Le Du ? C’est le super raccourci pour duathlon (c’est qu’on est paresseux, quand on est duathlète …), une discipline enchaînée qui dépend de la fédération de triathlon et qui consiste à courir, pédaler, puis à courir de nouveau.

 

Paillencourt ? C’est dans le Nord (les maisons en briques rouges, tout ça tout ça…), comme à peu près chacune des étapes du championnat à venir !

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon

16 heures samedi, me voici donc arrivée à Paillencourt où j’ai retrouvé les équipes femme et homme de Rouen, le coach Nico et l’accompagnateur Olivier. Le temps des présentations, d’enfiler des tenues assorties et nous partons repérer les parcours à pied et à vélo.

 

Nous en profitons pour faire un peu plus connaissance : les filles ont toutes l’air très sympa (Ludivine, Hélène, Clémence, Audrey, Delphine), le message est clair : on est compétitrices, mais on est là pour se faire plaisir avant tout ! La météo est franchement inespérée, bien qu’animée d’un bon vent qui décoiffe. La boucle de course à pied (CAP, à prononcer comme « même pas cap », encore une fois, le duathlète est paresseux) est variée, ponctuée de zones de pavés, d’herbe, de montées, de descentes et de relances : cela me plaît beaucoup et c’est tant mieux puisque j’aurai à la courir à deux reprises en CAP 1 puis encore une fois en CAP 2 ! 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Un nouveau club, une nouvelle tenue (mais toujours la même tronche...)

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Brenda prête comme jamais !

A vélo, c’est tout d’un coup moins subtile mais cela reste intéressant : le parcours est un triangle de 5 km dans les champs qui nous permettra de profiter d’un fort vent de face sur un tiers du parcours, mais sans jamais vraiment l’avoir de dos, ponctué de deux dos d’âne qui auront leur importance et d’un peu de relief malgré la région.

 

On échange sur nos différents constats concernant les boucles à parcourir : « vous avez bien vu que la fin de la CAP 1 est différente de la CAP 2 ? », « il ne faudra pas oublier la mini boucle jusqu’au plot avant l’arrivée à la fin », « à vélo, il faudra bien se rappeler de tourner à droite au dernier tour pour rejoindre le parc à vélo ». D’un coup, je réalise que demain, on a une compète, et qu’en plus, ça va piquer les gambinettes ! « Oui, le duathlon est un sport violent », entends-je. Le stress monte encore d’un cran !


Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Ludivine, Delphine, Clémence, Hélène, moi et Audrey quand nous pûmes -enfin !- entrer dans le parc

Dimanche matin, 7 heures, le réveil sonne. Je vous épargne la violence due au changement d’heure. Le temps d’engloutir un petit-déjeuner copieux, de se mélanger les pinceaux entre les numéros de dossard et de tatouages (même pas moi, pour une fois !), de coiffer nos casques et vélos du même numéro, de marquer ma nouvelle veste de club blanche d’une magnifique trace de pédalier, nous quittons l’hôtel pour rejoindre le site de la course. 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon

L’échauffement se fait un peu en pointillés, animé par le besoin de trottiner mais freiné par l’obligation de rentrer dans le parc à vélo dans les temps malgré le retard pris par l’organisation. Alors on courotte (du fameux verbe courotter) dans une ruelle adjacente en long, en large, en travers, jusqu’à ce que ce soit notre tour de rentrer dans le parc.

Brenda et ses copines sont placées dans leur box, les chaussures de vélo attendent sagement, fixées sur les pédales (ça, c’est comme en triathlon) ; tout est prêt ! 

On repart pour quelques ultimes accélérations et tout à coup, nous sommes appelées dans le « sas » de départ. 


Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Départ imminent !

Pas de jingle musical stressant, pas de simagrées, le départ est donné très brutalement.

 

« Le duathlon est un sport violent », m’a-t-on répété hier ? Je confirme ! Dès le coup de pistolet, je crois littéralement mourir : tout d’abord victime d’un croche-patte venu de derrière, les filles des côtés qui se resserrent sur moi, je trébuche. Je me vois me casser les dents sur le bitume. Coup de bol, ma main s’accroche au hasard à la tenue d’Hélène et me permet de me redresser (solides, ces trifonctions, je recommande !). Encore une quinzaine de mètres la tête en bas et je retrouve enfin mon équilibre. Résultat de l’action : j’ai le cœur qui bat à 300 pulses au bas mot, je suis enfermée, bloquée de toutes parts et il m’est impossible de m’extraire de ce troupeau stressant. Nous sommes tellement serrées que nous devons presque faire la queue pour le demi-tour au premier plot, c’en est ridicule («c’était bien la peine de sprinter comme des têtards au départ », je pense). Malgré ce ralentissement, je passe le premier kilo en 3’30 !

Il faut désormais temporiser un peu et gérer pour la suite. Je remonte progressivement un bon nombre de filles et je termine les 5 km de la CAP 1 en 18’14, ce qui n’est pas dégueu avec zéro course à pied depuis 2 semaines !

 

La suite ? Triathlon et duathlon, même combat, j’ai l’habitude : pas de bousculade pour entrer dans le parc à vélo, et pour cause je suis de nouveau victime de la malédiction des championnats avec drafting : je suis absolument seule ! Les filles sont soit à 10 secondes derrière, soit à 15 secondes devant, mais en aucun cas à mes côtés. J’arrache Brenda de son emplacement et pars à fond, sans même prendre le temps de glisser mes pieds dans les chaussures, dans l’espoir (vain) de remonter sur les filles de devant. 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
crédit photo : P. Bethermin (noter le pied droit en chaussette ...)

Au terme d’un tour, réalisant que, seule, je ne rattraperai pas 8 filles lancées en groupe, je décide d’enfiler au moins une chaussure. A ce moment-là, Ilse Geldhof me rattrape et à deux nous repartons chercher le groupe. Je me dis qu’il est temps de chausser mon pied droit, sauf que ma chaussure n’est pas de cet avis et préfère se faire la malle en tombant par terre sans que je puisse la ramasser. Me voici donc en chaussette sur ma pédale, et je peux vous dire que c’est monstrueusement douloureux, surtout lorsque vous avez 2 dos d’âne à passer 4 fois… Geldhof se retourne et me hurle dessus pour que je prenne un relais, ce qui est simplement impossible avec un seul pied chaussé. Alors elle essaye de me faire lâcher sa roue en lançant des attaques assez violentes, mais c’est mal me connaître : pour une fois que j’ai un vélo à suivre, je ne vais pas le laisser filer ! Même si me mettre en danseuse relève du défi en chaussette, je sers les dents et je la rattrape systématiquement. 

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Toujours derrière Ilse Geldhof, paie ta relance en chaussette ! Crédit photo : P. Bethermin

Au terme du troisième tour, des filles nous rattrapent et avec leur aide, nous remontons très vite sur le pack de devant : le dernier tour est particulièrement nerveux, les filles voulant se rapprocher de la tête de course, lançant des accélérations de quelques secondes pour finalement s’essouffler à cause du vent de face. A l’approche du parc à vélo, le troupeau devient agressif et bordélique, si bien que je commence à prendre peur au beau milieu de tout ce carbone. Mon gros avantage à cet instant précis, c’est que je n’ai qu’une chaussure à retirer, ce qui va donc 2 fois plus vite que les autres ! J’aperçois alors une micro fenêtre de tir pour me faufiler sur la gauche et lancer un sprint avant l’ultime virage : ni une ni deux, je serre les dents (et les fesses) et je fonce. Cela me permet de pénétrer dans le parc à vélo la première du groupe et d’éviter de slalomer entre les vélos.

Adrinaline Duathlon première division Paillencourt Rouen triathlon
Hélène qui m'attend à l'arrivée ! Et moi, juste un peu à la recherche d'air !

Je pose Brenda, j’enfile mes baskets, et c’est parti pour la CAP 2, ou « les 2,5 km de la mort ». Le fait d’avoir l’impression de courir sur deux bouts de bois ne me choque pas particulièrement : je n’ai en effet pas encore travaillé les transitions et surtout n’ai pas couru depuis 2 semaines. Je sais d’ailleurs que cette impression passe habituellement au bout de 2, 3 minutes. C’est le bruit que je fais en respirant qui m’inquiète : on dirait un buffle baryton asthmatique. J’ai l’impression d’étouffer mais je n’arrive pour autant pas à remplir mes poumons à fond, comme s’il ne m’en restait plus qu’un. 


C'est dommage car les jambes vont plutôt bien (on ne peut pas dire que je me sois franchement défoncée à vélo). Je fais donc « ce que je peux » sur la fin du parcours, mais avec le bruit que je fais, je peux difficilement feinter la top forme à mes adversaires !

4, 5 filles me rattrapent ainsi, sans que je puisse réagir, et je finis par franchir la ligne d’arrivée en 16ème position.

L'équipe termine 7 ème ex-aequo avec les 5 et 6 èmes : on a une revanche à prendre !

Je suis malgré toutes ces péripéties ravie de cette première expérience. pour la prochaine étape, je tâcherai de dresser mes chaussures et d'apprendre de mes erreurs. J'ai hâte, et ça tombe plutôt bien : la prochaine étape, c'est dans 2 semaines à Parthenay !

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le selfie d'arrivée qui va bien !

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...et le selfie en question ! crédit photo : moi ^^

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Dimanche dernier, j'ai couru un sacré cross (donc j'ai sacrément pensé) !

ADrinaline cross country championnat France Région
Championnat inter-régionnal de cross country à Châteauvillain

Je vous le rappelle, nous sommes en pleine saison de cross country puisqu’elle a démarré quand la météo maussade a pris le dessus (certes, ce n’est pas un indice ultra précis quand on habite Dijon). Si vous ne souvenez pas ce qu’est un cross ou si vous cherchez un coup de pouce pour vous y mettre, c’est ici.

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Les 13 nouvelles régions françsaises. Source : http://www.europe1.fr/politique

Dimanche dernier, c’était les inter-régions, la demi-finale, ou les pré-France, appelez-la comme vous le souhaitez, il s’agissait de l’avant-dernière étape du championnat de cross-country organisé par la FFA, ultime étape pour récupérer une qualification individuelle ou par équipe pour le championnat de France du 26 février.

 

Suite à la nouvelle découpe de la France (13 régions au lieu de 22), notre demi-finale à nous regroupe désormais la Bourgogne Franche-Comté et la région Grand-Est (Alsace, Lorraine, et Champagne Ardenne) et a densifié la concurrence par la même occasion. Cette année, c’est à Châteauvillain que nous avons enfilé nos pointes pour ce nouveau cross.


L’analyse de la startlist sur le cross élite féminin m’a permis de conclure avant même de prendre le départ que pour le podium, ce serait (très) compliqué. Je savais donc que je visais au mieux la 3ème place, et ce à condition d’avoir les jambes et la tête (très) fortes sur tout le parcours ! A titre personnel, j’avais également à cœur de courir un meilleur cross que l’année passée à Sens, où j’avais pris un départ bien trop rapide qui m’avait coûté de précieuses places sur la fin du parcours, terminant 8ème. L’ambition de l’équipe, elle, était « tout bêtement » de conserver notre titre de championnes et d’ainsi qualifier 6 athlètes de l’AC Chenôve pour le championnat de France. 

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A notre arrivée sur le site de la course, le rituel est peu ou prou systématiquement pareil : nous retrouvons à la tente du club notre coach Patrice qui nous donne notre dossard et nous conseille la taille des pointes à visser pour l’occasion, ayant assisté plus tôt aux courses des Masters et des jeunes.

Aujourd’hui, ce sera du 15 mm. L’échauffement démarre environ une heure avant notre départ officiel et une fois qu’il a commencé, le timing se resserre et le stress monte : il vaut mieux préparer le maillot de club avec le dossard et les pointes dès notre arrivée à la tente, lorsque nous sommes encore « calmes ». 

Le matériel est prêt. Nous commençons le repérage du parcours en commentant chacune nos différentes impressions :

« wouaaaa tu as vu le départ est en faux plat montant »,

« la première ligne droite est super longue, faudra pas partir trop vite sinon on va crever »,

« ils sont où les arbres pour faire pipi ? »,

« pour la petite boucle, c’est tout droit, et pour la moyenne, c’est à gauche, vous avez bien vu ? ».


Notre parcours est simple à retenir : nous avons 3 « moyennes boucles » à parcourir. Au passage, c’est d’ailleurs bien dommage car cela représente la même distance exactement qu’il y a 2 semaines, soit 6,6 km, alors que c’est plus de 8 km qui nous attendent pour le championnat de France dans 3 semaines et qu’il aurait été intéressant d’avoir des paliers à chaque étape du championnat… Bref.

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Le parc aux daims à Châteauvillain, ou la fosse à coureurs pour la journée !

 

Le parcours est cependant très intéressant : des virages étroits donc des relances, des faux plats, de la boue, du sous-bois, des pentes raides, des grandes lignes droites, du caillou, de la feuille morte, de la boue, le tout slalomant entre de grandes parcelles où le public peut encourager : on ne va pas s’ennuyer !

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En attendant le départ ! Crédit photo : A. Pennec

L’échauffement commence. C'est simple, je déteste les échauffements. Je me sens fatiguée, lourde, pataude. J’ai systématiquement la sensation de n’avoir plus rien dans les jambes, et que le stress qui monte me fait perdre ma niaque et mon énergie.

Si je le pouvais, j’interdirais les échauffements et je m’associerais plutôt au public pour regarder les autres courses ! Dimanche dernier, donc, je n’y coupe pas et je passe par toutes ces désagréables sensations.

Dieu merci, on est une équipe, et je profite du groupe pour me laisser porter.

Le parcours est repéré, le footing et les gammes sont faits (monter de genoux, talon fesse, « skippings », etc.) : il nous reste à nous mettre en tenue, à enfiler les pointes, et à aller « faire les accel » au départ.

 


Très sincèrement, nul besoin de « faire les accel » pour que le cœur monte : l’ambiance suffit ! 

Nous nous plaçons sur la ligne et attendons le coup de pistolet de l’orga. Argggg j’ai peur.

Pan ! Allez, c’est parti. J’ai l’impression de voir la course sans la courir : je cherche les fameuses favorites et je me freine volontairement pour ne pas me griller prématurément, sans vraiment réaliser que ça a commencé. Je passe le premier virage environ 10ème. Combien, parmi cette dizaine  devant moi, sont à leur vraie place ? Vais-je, comme elles, me griller et terminer à genoux ? 

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Départ du cross long ! crédit photo : Facebook ligue BFC

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Première boucle derrière Daisy Colibri. Crédit photo : Terre de Running Quetigny

Non ! C’est bon, j’ai retrouvé mes jambes ! Je guette l’avant de la course et je fais en sorte de ne pas me faire piéger par les filles qui ralentissent progressivement. Rapidement, nous formons un petit groupe derrière les 3 filles de tête.

Pendant le premier tour, qui passe très vite, je me laisse guider par Daisy Colibri qui maîtrise mieux que moi les allures (et pour cause, je l’ai vue en action à Sens l’an passé). C’est au cours de la seconde boucle que je dois prendre une décision : alors que je la relaie, elle semble réduire légèrement son allure, me laissant seule : dois-je ralentir à mon tour pour rester avec les autres ? Dois-je partir seule, tenter ma chance vers le podium, quitte à finir dans le (très) mal ? 

Je réalise mentalement un bilan de santé accéléré : pour le moment, la tête et les jambes vont bien :

So far, so good… Je me rappelle également que je suis entraînée et que je suis donc probablement à ma place ici !


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Alors non, hors de question de ralentir ! Je continue sur ma lancée, au train, et je profite de tous les encouragements que j’entends pour garder confiance. 

Toujours sur cette seconde boucle, je constate qu’un écart se creuse entre les filles en position 2 et 3, qui jusque là couraient ensemble : cela me motive à maintenir mon allure, dans l’éventualité où la 3ème féminine aurait une faiblesse et où je pourrais remonter d’un cran encore. Cette réflexion occupe mon esprit sur la fin du second tour.

Ne rien lâcher. Pas maintenant. 


La dernière boucle est évidemment la plus difficile. Je constate à regrets que la séparation des filles devant est due à une accélération de la seconde (Lucie Picard), et non à un ralentissement de la 3ème (Anaïs Dechamps). 

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La fin fait vraiment mal... Vieille prognathe à la recherche d'oxygène !

Mon ventre commence à me faire souffrir et je me demande si je ne vais pas vomir ou faire un malaise (désolée ce n'est pas glam' mais c'est ce qui me passe par la tête sur les derniers instants de la course…) avant l’arrivée mais je réalise qu’il s’agit vraisemblablement de courbatures aux abdos (non, je n’aurais vraiment pas du m’entraîner à faire ces tractions en statique hier … !), que ce n’est donc rien de grave.

 

J’entends et j’apprécie sincèrement tous ces gens qui nous encouragent. Dans la mesure où ils ne m’encouragent pas « que » moi, il est évident que je n’ai pas creusé de gros écart et que je ne dois surtout pas relâcher mon effort. A 500 m de l’arrivée, j’entends « allez Adrienne, tu as 200 m d’avance » : je me rassure, mais tout à coup, la personne se reprend « euh pardon, 20 mètres ». Ah… c’est une autre affaire !

 

Je serre les points, j’ouvre encore plus grand la bouche à la recherche d’oxygène pour mes cuissots (#vieilleprognathe), je tire sur les bras, je me grandis (enfin j’essaie), et je cherche des yeux l’arrivée qui se fait drôlement désirer.

 


Il ne me reste plus grand-chose dans les jambes ni dans la tête. Ma lucidité s’est tirée avec les 180 mètres de « non-avance » ! L’ultime ligne droite, bien qu’en faux plat descendant, est interminable. Et pourtant, au bout de 25 min et 37 secondes d’effort, je n’y crois plus mais franchis la ligne d’arrivée ! 4ème féminine  (et pour la blague, 3ème Sénior puisque Lucie Picard est encore Espoir !) ! Je suis franchement ravie ! 

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Le petit selfie qui va bien ! les filles de l'ACC <3

Les autres filles de l’équipe ne tardent pas à arriver non plus, nous permettant de conserver notre titre et de gagner notre qualification pour le championnat de France !

De plus, à notre arrivée, nous apprenons que les filles du cross court ont, elles aussi, réussi à se qualifier par équipe, une première pour notre club !

Nous irons toutes au championnat de France, c’est vraiment une belle récompense pour nos efforts de cet hiver !

 

Hé ouais, il s’en passe des choses dans ma tête (et dans mes jambes), en 25min37 !




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