Quand Compétition rime avec Superstition


Un jour, vous vous inscrivez pour une course : un 10 km, un raid multi-sport, un triathlon, que sais-je encore. Ce dossard fraîchement acquis est synonyme d’objectif, quel qu’il soit : il peut s'agir d'un chrono, d'un pari, d'un challenge personnel pour pouvoir dire "oui, j'y suis arrivé(e) !", de simplement profiter de l’ambiance et des paysages ou, enfin, de prendre du plaisir. 

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le flyer que vous avez pu recevoir à Beaune en novembre dernier

Toujours est-il que vous êtes humain et que vous allez vite vous en remettre à une puissance supérieure pour que l’objectif soit rempli :

 

Cela s’appelle un rituel !

 

Vous aviez la parole sur ce sondage pour confesser votre toc, ainsi qu’à l’arrivée de la course de la vente des vins de Beaune en novembre dernier.

Merci d’avoir participé ! 

 

Je vous dresse donc de ce pas le profil imaginaire d’un toqué parfois contradictoire (nous tous, donc !) qui prendrait le départ d’une course en suivant chacun des rituels recensés lors de ce micro-trottoir.


Pour commencer, le toqué est particulièrement organisé et prépare la course longtemps à l’avance : pour qu’elle se passe bien, il a prévu un entraînement en amont qu’il suit scrupuleusement.

 

La semaine qui précède, il adapte son régime alimentaire, l’enrichit en pâtes, riz, quinoa, l’agrémente de poulet ou cabillaud, et l’humecte de lait de soja (si vous trouvez une recette, je suis curieuse !) et attache une grande importance à la qualité de son sommeil.

 

L’avant-veille de la course, lors de l’ultime sortie, il faut que les sensations soient mauvaises pour garantir le succès proche selon la devise rassurante et maintes fois vérifiée « entraînement pourri, compèt réussie ! ».

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une petite planification pour se rassurer / se préparer !

Là, le régime alimentaire scrupuleux passe au second plan et laisse place à des pizzas ou au besoin à un repas gras accompagné de chocolat noir, d’un whisky (voire 2, voire 3 selon les réponses) ou d’un grog de chartreuse, citron et miel : le toqué n’oublie pas la phase d’hydratation !

La veille ou le jour de sa course, le superstitieux prépare ses affaires selon un dress-code bien établi : il focalise avant tout sur le boxer, le slip ou la culotte qui doit être absolument identique aux épisodes précédents (ou à la rigueur strictement absent, mais ça, c’est pour Monsieur dossard 5238 à Beaune).

 

Les chaussettes, elles, seront soit neuves, soit assorties au short : à priori, elles sont visiblement porte-bonheur. Pendant que la montre GPS charge, les ongles sont peints selon une thématique précise liée à la compétition, à l’équipe, à la météo….

 

Quelle tenue porter ? C’est simple : toujours la même, ou à la rigueur toujours des couleurs accordées ! 

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#raceready ou #racepack sur instagram : profils de eug0110, sportaucarre, readysetrun26.2, et page web run-and-write.com

Une fois l’assortiment sélectionné, il est de bon ton de l’étaler sur le lit avec tout les accessoires : dossard, éponge de poignet, tour de cou, casquette, gel coup de fouet (et j’en passe), et de prendre une photo qui sera évidemment diffusée sur la toile, accompagnée de hashtags (raceready, racepack, dossard, etc etc) ou commentaires sophistiqués.


Le jour J, qui démarre par un réveil musculaire, est primordial : le repas, pris 3 heures avant la course, est composé de Blédine, de jambon, d’un en-cas au fromage, de coca et/ou de café.

Vous noterez le "et/ou", faute de quoi votre estomac risque de vous faire regretter d’être superstitieux.

  

Un instant de calme avant la course est l’occasion d'écouter la play-list de musiques judicieusement sélectionnées et intégrant à coup-sûr « eye of the tiger », de s’allonger et respirer, de s’étirer, de se concentrer dans sa bulle, ou de penser à des phrases de films motivantes comme l’illustre « Rapide, je suis rapide » de Flash McQueen dans Cars. 

 

Cette phase d’auto-encouragement terminée, il faut passer à du plus concret : le toqué se strappe à l’élasto ou se masse les cuisses et les mollets à l’aide de baume du tigre ou d’huile à l’arnica, puis envisage un échauffement à base de pompes, de burpees ou d’un footing.

 

Alors que la course approche, si ce n’est pas déjà fait, il est temps pour lui de sélectionner parmi les multiples paires qu’il possède les chaussures ou les lunettes de soleil qui l’accompagneront pendant son périple ; quelque soit son choix, c’est la basket gauche qui sera enfilée la première !

 

A ce stade, me voici évidemment obligée de consacrer un paragraphe entier au rituel universel de la vidange technique par laquelle nous passons : impossible de le taire, il est le toc incontestable de tous et ne diffère qu’en son nombre de répétitions avant la course et en son intitulé. Pipi de la peur, pipi tactique, la dernière goutte stratégique, le pipi pour la combi : appelez-le comme vous voulez, toujours est-il qu’il vous fera oublier un instant votre pudeur légendaire.

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Des bulles et des bosses qui illustre parfaitement le rituel !

Le toqué a beau être arrivé bien en avance pour pouvoir se préparer au calme, le coup de départ ne devrait plus tarder !

Il est désormais temps de se rapprocher du départ, une bouteille d’eau à la main : les chaussettes ont été remontées et tirées comme il se doit, les boosters tendus vers le bas, le serrage des lacets vérifié à 10 reprises (pas moins), les mains moites essuyées sur le short, et les parties génitales, le cas échéant, remises en place. Le caillou anti-point-de-côté est dans la main, l’en-cas d’avant course est ingurgité, qu’il s’agisse d’une pom’pote, d’un gel, de pain d’épices ou d’une pâte de fruit. Les 7 tapes sur les fesses des co-équipières et les 3 petits bonds ont été religieusement effectués. Le pied gauche attend le coup de pistolet patiemment devant le pied droit.

La check list est respectée : tout devrait bien se passer !

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Terminer ensemble peut être un objectif également !

Vous avez dû vous reconnaître à au moins une reprise lors de ce portrait ;

 

 

Si ce n'est pas le cas, c'est que vous appartenez aux 2 autres catégories de personnes :

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Denise Leclerc sur les Foulées Beaunoises. Crédit photo : David Dumont Diesel

 

  • Celui qui fait de son refus de rituel... un rituel ! Dans ce cas, il met un point d’honneur à ne pas se préparer, à ne s’attacher à rien, à refuser de laisser la pression monter : il compte sur les autres pour les épingles, le ravitaillement, la chambre à air de rechange. Il part en retard, arrive le dernier sur la ligne de départ (figure de style puisqu’il se trouve alors beaucoup trop loin pour l’apercevoir !). Deux options s’offrent à lui : prier pour que tout se passe bien, ou alors penser, en serrant les fesses, « quand on est fort, on est fort » !
  • Celui ou celle qui, comme Denise, notre Star Chenevelière, après quelques années de compétition, a conclu (et sur ce, je vous laisse méditer) : "Mon secret, c'est de ne pas en avoir"

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Micro-trottoir : quel est votre rituel avant ou pendant une course ?



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Les beaux jours sont bel et bien là. Il est temps d'épingler un dossard et de prendre le départ d'une course : raid multi-sport, trail, triathlon, et j'en passe !

Bref, l'heure est arrivée d'entendre retentir le coup de pistolet et d'avoir le cœur qui s'emballe si fort que vous avez l'impression de bondir avec lui.

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C'est la saison, vous avez l'embarras du choix pour les dossards (merci à Axel et ses toilettes pour la photo centrale !)

Pour franchir la ligne de départ sereinement, sans aller jusqu'à la superstition, avant ou pendant la course, vous avez une manie, un toc, ou un rituel à respecter : je pense au slip porte-bonheur de Bruno, au repas de veille de course, aux boosters assortis au short, ou à la séance manucure/vernis à ongles...

 

Et chez vous, quel est ce rituel à moitié avouable ? 

 

Je reprendrai toutes les réponses et en ferai un article !

Merci de votre participation !

Note : veuillez remplir les champs marqués d'un *.

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Un coureur, ça pense énormément



Pour commencer, je tiens à remercier chacune et chacun d’entre vous d’avoir contribué à ce micro-trottoir !

Vous pouviez répondre via l’article posté il y a 10 jours ici-même, sur la page facebook Adrinaline, en commentant la photo sur Instagram sur le profil Adri.naline, ou encore en direct, à chaud, à votre arrivée sur la course de la vente des vins à Beaune samedi dernier (je remercie au passage Marion pour la prise de son et pour sa motivation !) : au total, ce sont plus de 150 réponses que j’ai obtenues !

 

Merci, Emilie, pour ta réponse (« Quand je quoi ? »), mais tu ne m’as été d’aucune aide (sauf que tu m’as fait rire). On appelle ça une donnée aberrante en statistiques, et je suis au regret de ne pas avoir pu exploiter cette réponse dans mon post. On en reparle à Noël, je te montrerai, tu vas comprendre ce que c’est.

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Flyer remis à tous les sondés à l'occasion de la course de la vente des vins à Beaune

Passons maintenant au dépouillement !

 

Au-delà de l’effort intense qu’il doit fournir pour se sortir du canapé (ou les doigts du c*l pour les moins poètes) et de la réflexion poussée dont il doit faire preuve pour choisir son itinéraire, le coureur (ou la coureuse) sait que son footing, son entraînement ou sa course va lui procurer un bien fou ; lorsqu’il court, il se dit qu’il est bien, là, en plein air, et qu’il prend tout bêtement du plaisir à gambader, qu’il a l’impression d’avoir 18 ans, non, même 12. Il est conscient de la chance qu’il a de pouvoir s’évader et a souvent une pensée pour ceux qui, eux, ne peuvent pas ou ne peuvent plus. Il compte sur le bien-être et l’apaisement que courir va lui apporter et sait que les idées négatives et le stress au moment d’enfiler les baskets vont progressivement s’effacer pour laisser place à du plus optimiste. Dans l’absolu, la course à pied éclaircit les idées et aide à prendre des décisions ou à avancer sur les problèmes du moment.


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On n'est pas bien, là ?

Il faut dire que quelque soit la saison, les paysages magnifiques qui l’entourent l’aident à apprécier l’instant et peuvent lui faire oublier la douleur ! A ceux qui courent dans des endroits moches : désolée, il ne vous reste plus qu’à apprécier la mode du fluo, ça vous divertira aussi.

 

Pragmatique malgré tout, le coureur va profiter de ce moment rien qu’à lui pour refaire son monde, organiser sa saison, penser à son passé, son présent, son futur (et son conditionnel : je ferais quoi si je gagnais au loto), son week-end. Manque de bol pour lui, le loto n’étant pas encore gagné, le travail reste un sujet de réflexion non négligeable lors de ses sorties !

 

Le coureur profite parfois également d’être enfin seul pour avoir le plaisir de ne penser à rien, absolument rien, si ce n’est à faire le vide, en silence ou en musique.


Occasionnellement (ou trop souvent), blessures et bobos peuvent prendre l’assaut et le coureur pense alors à ses tendons, ses mollets, ses genoux, ses chevilles et il lui arrive d’en conclure qu’il serait sans doute temps de remplacer ses baskets.

 

Par ailleurs, le coureur est un être humain capable de sentiments : il pense à sa famille, sa moitié, ses enfants, ses proches, à ceux qu’il a perdus, ce qui toutefois ne l’empêche pas de se laisser distraire par les gambettes fuselées ou les fessiers galbés qui trottinent devant lui. Oui oui, il (elle) est humain(e).

 

La bienveillance du coureur rivalise fortement avec sa gourmandise : je ne saurais vous dire combien la question « à quoi vous pensez quand vous courez ? » a reçu de réponses du type « à ma bière bien fraîche », « à mon chocolat chaud », « à mon verre de vin », « à ce que je vais me mettre ce soir », « à mon burger », « à ma gaufre », « au ravitaillement », « à la tarte aux noix », « à l’apéro », « au menu d’après séance », et j’en passe ! Gourmand, grosse poche, bon vivant, que le coureur se qualifie comme bon lui semble ! Quoiqu’il en soit, il assume et c’est parfait !

 

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Face à cet épicurisme se trouvent non pas les remords des calories liquides et solides, mais les regrets et les doutes : « Pourquoi je cours, déjà ? », « Je serais vachement mieux à faire du shopping », « Je n’aurais pas du me coucher à 5 heures avec 5 grammes », « Ai-je bien pensé à prendre un mouchoir, des fois que je doive m’arrêter derrière un buisson ? ».

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Foulées beaunoises 2016, crédit photo : Didier Grandperret

Les doutes prennent encore plus d’ampleur s’il s’agit d’une course : « j’aurais du plus m’entraîner », « ça se termine quand ? », « j’en ai marre », « qu'est-ce que je fous là ? ».

En situation de course, avant que les doutes ne s’installent, les idées fusent dans la tête du coureur : il doit réussir à gérer son allure et ses temps de passage pour finir le plus vite possible, que sa motivation soit cette fichue ligne d’arrivée, le désir d’être meilleur qu’hier, ou simplement de ne pas être l’objet des moqueries des copains.

 

Le coureur reste concentré sur sa course, à l’affût des bornes kilométriques et se répète qu’il doit se faire mal sans pour autant craquer trop tôt ni vomir. S’il n’arrive plus à rattraper les dossards devant lui et que ses jambes deviennent lourdes, il puise sa motivation dans les encouragements du public même s’ils ne lui sont pas adressés ainsi que dans de savants calculs : il se répète que s’il a déjà parcouru 8 km, alors il ne lui en reste plus que 2. Je suis navrée, marathoniens et circadiens, cet argument est évidemment à revoir dans votre cas : « Yes, plus que 34km ! » et « youpi, plus que 188 km ! », c’est d’un coup vachement moins motivant.


Pour citer ce cher Arnaud, un des gros dilemmes du coureur en compétition, c’est quand il doit tout donner pour sa course, mais en même temps ne rien lâcher : la course à pied est décidément une activité très complexe.

 

Alors, si à cette complexité, vous ajoutez les pensées qui défilent dans la tête d’une fille, vous allez rapidement comprendre pourquoi courir, c’est ultra fatiguant : en effet, en plus d’être concentrée sur sa respiration, son chrono, le paysage et le menu du soir, la coureuse doit penser à être légère, à vérifier que son mascara ne coule pas tout en cherchant nerveusement où se trouvent les photographes sur le bas-côté pour être souriante et jolie sur les photos !

 

Je crois qu’au fond, quelque soit le sujet qui vient nous occuper l’esprit, nous tous qui courons, qu’on s’habille en fluo ou non, on se le dit régulièrement : 

Vivement que j’y retourne !


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Micro-trottoir : et vous, vous pensez à quoi quand vous courez ?

Quand on court, on a largement le temps de refaire le monde, de penser au big burger qu'on va engouffrer en rentrant, à la lessive qui nous attend, à Céline qu'il faut qu'on rappelle, à nos jambes qui font mal, ou alors à rien du tout.

Vous avez la parole ! A quoi vous pensez quand vous courez ?

 

Je reprendrai toutes les réponses et en ferai un article !

Merci de votre participation !

 




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